« Ma grand-mère, ma tante, ma sœur et moi », la chronique de Gaspard Proust

© Robert Jean-François

Cher lecteur, je ne sais jamais quels seront les contributeurs dominicaux que j’aurai pour voisins dans ces pages. Dimanche passé, à côté de ma déclaration d’amour pour le moteur à explosion, se trouvait pas loin un « appel de 10 personnalités pour rouler à 110 km/h sur l’autoroute ». Je te laisse imaginer l’envie compulsive d’aller fissa acheter un SUV de 800 chevaux, lorsque j’ai lu cet appel au sacrifice tachymétrique par nos colosses de l’écoconduite.

Entre autres incitations et « homélies mobilités propres » ; nos catéchumènes du Dieu Carbone, nous ont expliqué que réduire la vitesse, c’était réduire les accidents. C’est une évidence. Autant un sanglier percuté à 130 vous donne un tartare à consommer sur le pouce sur la bande d’arrêt d’urgence, autant à 110 avec trois granules d’arnica données à l’animal, même Obélix aurait du mal à le rattraper. Mais puisque nos cœurs purs climatiques semblent s’appuyer sur l’adage « le privé est politique », intéressons-nous à eux.

Sur cette courageuse liste, on retrouve – quelle surprise – l’inévitable Yann Arthus-Bertrand. Pour nous offrir une photo de rizière vue du ciel, entre l’hélico et l’avion, notre homme a dû faire une moyenne de 500 km/h sur trente ans. S’il pouvait faire décoller un hélico à la force du mollet, j’aurais sans doute plus de mansuétude à son égard. Mais notre Lance Armstrong du rotor a d’autres cordes à son arc. En lui, on tient probablement le plus grand décorateur de tables basses pour salons grand-bourgeois...


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