Grand débat: Dominique Méda regrette d'être tombée dans le "piège" de Macron

Romain Herreros
Emmanuel Macron à l'Elysée à l'occasion d'un échange avec 64 intellectuels dans le cadre du grand débat.

POLITIQUE - "Nous étions son faire-valoir". Dans une tribune publiée par Libérationmardi 19 mars, la sociologue Dominique Méda revient sur la soirée de la veille, à savoir l'échange entre Emmanuel Macron et 64 intellectuels organisé dans le cadre du grand débat.

La normalienne, conseillère de Benoît Hamon lors de la dernière présidentielle, le dit d'emblée: "après celui avec les maires, c'était au tour des intellectuels de tomber dans le piège : car de débat il n'y en eut point". La chercheuse regrette autant la forme que le fond de ce rendez-vous organisé à l'Elysée, et auquel plusieurs personnalités ont refusé de participer.

La forme d'abord. "Comme avec les maires, le non-débat avec les intellectuels a consisté en une litanie inexorable de 'réponses' d'Emmanuel Macron aux questions posées par les intellectuels. Comme nous étions plus de 60, il aurait fallu pour qu'il puisse y avoir sinon un véritable échange, au moins un retour sur ce qui avait été dit par le Président, que chacun puisse vraiment se limiter à deux minutes de parole", regrette Dominique Méda, estimant que cet aréopage d'intellectuels constituait "le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi".

"Fermez le ban"

Un format qui a conduit selon elle à restreindre le périmètre de la discussion: "Sur les questions économiques et sociales, là où il y aurait en effet pu avoir débat, c'est-à-dire discussion animée sur des solutions diverses, la porte a été systématiquement refermée. La réponse aux toutes premières questions a clairement indiqué la voie : il n'y aura ni augmentation des dépenses publiques (ici litanie sur la dette léguée aux générations futures) ni augmentation des impôts des plus aisés (là refrain sur le poids de la pression fiscale) ni grand plan d'investissement dans la transition écologique et sociale (Nicolas Sarkozy l'a fait, et cela...

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