Grâce au coronavirus, ces entreprises cartonnent en bourse

Certaines entreprises tirent leur épingle du jeu en bourse face à la crise du coronavirus (Photo: AFP)

BOURSES - Si le coronavirus a affolé en grande partie les marchés boursiers lundi et mardi avec des baisses cumulées sur deux jours allant de 5% à 8% sur les places européennes, toutes les entreprises cotées ne souffrent pas d’une même voix.

Et contrairement à ce que certaines semblent croire, les grandes entreprises du secteur pharmaceutique comme Sanofi (qui travaille sur un vaccin) ou GSK ne sont pas forcément les grandes gagnantes de la crise sanitaire mondiale, ainsi que l’explique Sacha Pouget, directeur associé de Kalliste Biotech Advisors, contacté par Le HuffPost.

Regeneron et Novacyt en têtes d’affiches

Ce dernier a créé un indice, le KB20 Coronavirus qui se penche sur les évolutions boursières d’une vingtaine de “petites” sociétés, mêlant des activités de diagnostique, de protection ou encore de pharmacologie. À elles seules, elle cumulent 6.280 employés, 1,83 milliards de dollars de revenus sur 1 an, et elles sont valorisées en bourse à 15 milliards de dollars.

“Il s’agit de sociétés à l’activité restreinte qui sont plus offensives et dynamiques en bourse, que les mastodontes du secteur”, explique-t-il. L’indice a été décliné en KBFR qui se concentre sur les huit sociétés françaises du KB20. Et clairement, au sein du KB20 se trouvent les grandes gagnantes de la crise actuelle. 

Evolution de l'indice KBFR Coronavirus (Photo: Kalliste Biotech Advisors)

“Cet indice a été multiplié par 2,4 depuis le début de l’année, et par trois pour le KBFR”, explique Sacha Pouget. À titre d’exemple, la société de biotechnologies comme Regeneron, cotée au Nasdaq, n’a pris “que” 34% depuis le début février et plus de 17% en deux jours.

Depuis l’annonce d’un test moléculaire qui permettrait de détecter le coronavirus en moins de deux heures, la société franco-anglaise Novacyt “atteint elle des volumes de négociations qui sont dignes du CAC40”, détaille Sacha Pouget. Le cours de l’action est passé de 0,19 euros à 1,94 entre fin janvier et le 18 février (921%) avant de fluctuer depuis entre 0,70 et 1,6 dans une très forte volatilité.

La boussole coronavirus

Gage que ces sociétés sont tributaires de l’actualité, elles ont été “nourries” par différentes annonces sur l’évolution du coronavirus. “Elles ont bénéficié des poussées ‘anxiogènes’ sur les marchés”, détaille Sacha Pouget.

Trois moments clefs apparaissent, à commencer par le 21 janvier. Ce jour-là, le premier cas américain est annoncé et les marchés commencent à réagir. Pour l’indice KB20 cela se traduit par des volumes d’investissements supérieurs à 500 millions de dollars alors qu’ils étaient inférieurs à 100 millions début 2020. Autre étape clef, le 27 janvier lorsque le nombre de pays touchés explose et passe à 12. Et enfin, le 30 janvier lorsque l’Organisation mondiale de la Santé déclare l’urgence de santé publique à portée mondiale. Les courbes atteignent des sommets comme le montre le graphique ci-dessous”.

Evolution de l'indice KB20 Coronavirus depuis le début de l'année (Photo: Kalliste Biotech Advisors)

Les volumes de négociations des entreprises du KB20 ont atteint 2 milliards de dollars ce mardi, un record. Ces petites sociétés sont donc perçues comme un bon investissement amené à fructifier dans le futur. À tort ou à raison? “La question reste en suspend. Cela se traduira-t-il en vente? Dans tous les cas cela reste extrêmement positif pour leur image. Elles accèdent à une reconnaissance mondiale”, ajoute le spécialiste.

Des valeurs sûres

Si les KB20 dans leur grande majorité ont déjà été placés en première ligne en 2016 et 2018, lors des épidémies de Zika et d’Ebola, les “Big Pharma” ont, elles, tiré des leçons du passé. Elles n’ont pas toujours bénéficié des précédents en la matière. “Elles ont voulu développer et fabriquer des vaccins mais se sont retrouvées avec des invendus”, explique Sacha Pouget.

Résultat, sur la crise du coronavirus elles ne sont pas vraiment positionnées de manière offensive sur les marchés, et ne sont auquel cas pas perçues comme telle par les investisseurs. Les gros noms du secteur devraient toutefois être sollicités à terme. “Les petites et moyennes entreprises type KB20 auront sans aucun doute besoin des “Big Pharma” pour lancer la production de leurs produits et les vendre. Cela fera l’objet de négociations”, anticipe Sacha Pouget.

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Les marchés financiers face aux différentes épidémies des huit dernières années (Photo: Kalliste Biotech Advisors)

Une chose est sûre, Gilead, Sanofi, Johnson & Jonhson, ou Procter et Gamble n’ont pas forcément besoin de la crise du coronavirus pour continuer d’avancer. “Peu importe les scénarios, leur chiffre d’affaires est amené à augmenter. La population est vieillissante et n’a jamais pris autant de médicaments qu’aujourd’hui. Ces facteurs structurels font que ces grosses entreprises vendent de toute façon de plus en plus”, détaille Sacha Pouget.

Ce qui ne les empêchera pas forcément d’être impactées d’une manière ou d’une autre. Procter & Gamble a récemment annoncé que la production de 17.600 de ses produits pourrait être affectée en raison des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. Par ailleurs, actuellement, les médicaments génériques sont composés à 80% d’ingrédients venant de Chine. 

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