Le Graët accablé par les nouveaux témoignages de deux femmes

Alors que Noël Le Graët a été écarté de son poste de président de la FFF, deux femmes dénoncent son comportement et le « système macho institutionnalisé » au sein de la fédération.

HARCELEMENT - Après des années de silence, les vannes sont ouvertes. Noël Le Graët a été « mis en retrait » de la présidence de la Fédération française de football (FFF) par son Comité exécutif extraordinaire réuni ce mercredi 11 janvier, après une accumulation de polémiques. De nouveaux témoignages dévoilés aujourd’hui par Le Parisien ne vont rien arranger.

Noël Le Graët a été poussé vers la sortie après ses propos à l’emporte-pièce sur Zinédine Zidane et la diffusion d’un témoignage de Sonia Souid sur ses comportements sexistes. Les épisodes de trop, précipitant sa chute, alors que la Fédération fait déjà l’objet d’une mission d’audit et de contrôle commandée par la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra.

Ce mercredi dans les colonnes du Parisien, deux femmes qui ont eu l’occasion de travailler avec lui à la FFF sortent du silence. Isabelle* a vécu elle-même de mauvaises expériences avec l’ancien président de la FFF tandis que Sophie* relate les faits que lui ont confié d’autres femmes. Elles évoquent les « comportements déplacés souvent sous l’emprise de l’alcool », sa « misogynie bienveillante ».

« C’était avant le mouvement #MeToo, qui nous aurait écoutées ? »

« Combien de fois, on s’est dit : Ça y est enfin ça va bouger ? À chaque fois il (Noël Le Graët) s’en sort », déplore Sophie. « Il y a eu des rapports internes dont le Comité exécutif a eu connaissance et qui sont restés sans conséquences. Oui, il y a eu du harcèlement sexuel et du harcèlement moral à la fédération. C’était connu de tout le monde ! », assure-t-elle.

Isabelle évoque des compliments de Noël Le Graët sur son physique, mais aussi des remarques parfois « ordurières ». « Vous êtes surprise, vous ne pouvez pas enregistrer, vous vous dîtes qu’il a certainement trop bu ». Évoquant le témoignage de Sonia Souid, elle appuie : « Les invitations à dîner, les rendez-vous de travail dans son appartement… Un mode opératoire qui se confirme. On est certainement nombreuses à avoir vécu la même chose. Sauf qu’on n’a pas de preuves. »

C’est aussi pour cela qu’elles n’ont pas contacté la justice à ce sujet, même si elles en ont référé à Florence Hardouin, la directrice générale, mise à pied ce mercredi. Isabelle relève ainsi : « C’était avant le mouvement #MeToo, qui nous aurait écoutées ? On a serré les dents, on a plutôt bien géré. On n’a pas été collées contre le mur, il n’empêche, ce n’est pas acceptable. » De son côté, Sophie s’est interrogée : « Il faut des preuves, des SMS, des photos… Qu’est-ce qu’il faut pour montrer que Noël Le Graët n’est plus à sa place ? »

« Tordu, méprisant et sans scrupule »

Florence Hardouin, dans cette affaire, ne les a pas aidées, dénoncent les deux femmes. Elles évoquent la peur d’entrer en conflit avec elle de peur d’être virées, sa complicité avec le président de la FFF et la volonté d’instaurer un climat toxique et délétère.

« Il n’y avait aucune limite dans les comportements, tout était permis. Un jour, via un document, on nous a demandé de nous accommoder des codes machos et chambreurs. La directrice générale érigeait ça comme principe de fonctionnement », confie Sophie qui évoque également les réunions hebdomadaires « avec la boule au ventre », « les moqueries permanentes ». Elle se rappelle « les larmes en sortant tellement » elle était « dévastée ».

« Noël Le Graët a un sentiment de toute-puissance. Il est tordu, méprisant et sans scrupule », dénonce Isabelle qui l’estime également « habile » dans son comportement toxique. Elle note ainsi : « Concernant les femmes, il n’y a pas de tentatives de viols, il s’agit de comportements totalement déplacés, qui pourraient davantage s’apparenter à du harcèlement moral que sexuel. Et personne n’a déposé plainte. »

Selon Le Parisien, les inspecteurs chargés de l’audit ont recueilli plusieurs témoignages, mais les accusations de ces femmes ne seront peut-être pas suffisantes pour saisir la justice, via le déclenchement d’un article 40.

VIDÉO - Noël le Graët en larmes : sa réaction à sa mise en retrait de la présidence de la FFF dévoilée

Lire aussi

undefined

Qui est Sonia Souid, l’agente qui accuse Noël Le Graët de harcèlement sexuel

undefinedundefined

Noël Le Graët présente ses excuses à Zidane

undefined