"Le Grêlé" identifié: pourquoi les enquêteurs recherchaient un policier ou un gendarme

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Un écusson de la police nationale (image d'illustration) - AFP
Un écusson de la police nationale (image d'illustration) - AFP

Le "Grêlé", un tueur et violeur en série recherché depuis les années 1980, a été identifié par son ADN, a indiqué le parquet de Paris jeudi soir. Il s'agit d'un ancien gendarme et policier, qui s'est donné la mort mercredi, en laissant une lettre dans laquelle il déclare être le criminel recherché depuis toutes ces années.

Il avait très récemment été convoqué par la Justice pour un prélèvement ADN. 35 ans après trois meurtres et six viols, dont l'auteur n'avait pas été identifié, les enquêteurs étudiaient en effet la piste d'un policier ou gendarme, car plusieurs indices laissaient penser que le meurtrier avait fait partie des forces de l'ordre.

Les éléments recueillis au cours de l'instruction "ont notamment permis d'orienter les investigations (...) vers un suspect non identifié qui aurait pu exercer la profession de gendarme au moment des faits et ont permis d'isoler un profil ADN susceptible d'appartenir à l'auteur des faits", a déclaré jeudi soir la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.

"Un homme qui aurait montré une carte tricolore"

"Il y a eu par le passé des témoignages qui ont été recueillis, soit dans les trois meurtres, soit dans les six viols, qui font état d'un homme qui aurait montré une carte tricolore", explique Dominique Rizet, consultant police-justice pour BFMTV. De plus, selon plusieurs témoignages, l'homme "s'exprimait avec un langage pouvant ressembler à un langage de policier ou de gendarme".

Une victime avait également déclaré que le tueur lui avait assuré avoir été "moniteur de colonie à la gendarmerie", selon des informations du Parisien. La présence d'une caserne de gendarmerie non loin du lieu d'une agression dans le XIIIe arrondissement de Paris, le mode opératoire ou encore le sang-froid du tueur avaient, depuis longtemps, orienté les enquêteurs sur la piste d'un gendarme ou policier.

"En fonction de tous ces modes opératoires, la police judiciaire a cru qu'il pouvait s'agir d'un policier ou d'un gendarme, et c'est pour cela qu'il y a eu une liste de suspects qui a été établie", déclare sur BFMTV Christian Flaesch, commissaire à la brigade criminelle de 1983 à 1988.

L'homme qui s'est suicidé mercredi était les deux. Il a d'abord intégré la gendarmerie entre 1983 et 1988 puis la police nationale où il a été motard, membre de la brigade des mineurs ou encore délégué syndical, rapporte le quotidien. Il était à la retraite au moment de sa mort.

750 gendarmes convoqués dernièrement

"Ces derniers mois", le magistrat instructeur avait ainsi convoqué quelque 750 gendarmes en poste en région parisienne à l'époque des faits, soit entre 1986 et 1994. "Sur ces 750 gendarmes, beaucoup ont accepté de donner leur ADN, de répondre aux convocations, et là c'était son tour", explique Dominique Rizet.

Il avait été convoqué le 24 septembre pour une audition le 29 septembre, mais le 27, il est déclaré disparu par son épouse, avant d'être retrouvé mort le 29 - date de sa convocation - au Grau-du-Roi (Gard). Son ADN a, après sa mort, été identifié comme celui retrouvé sur les scènes de crime.

"Grâce aux nouvelles techniques, grâce à l'envie des policiers d'utiliser ces nouvelles techniques, on a abouti à un même ADN sur plusieurs scènes de crime, à des dossiers qui sont regroupés avec une efficacité qui est forte", explique Christian Flaecsh, qui souligne qu'il "y a eu énormément de techniques nouvelles de la police technique et scientifique qui n'existaient pas en 1986".

"Une nouvelle enquête qui commence"

"On a eu des gens motivés qui pendant 35 ans ont eu le dossier ouvert, alors qu'il était fermé par la Justice, tout cela a payé aujourd'hui, on a le résultat", s'est réjoui ce vendredi sur notre antenne Bernard Pasqualini, ancien enquêteur de la Brigade Criminelle de Paris.

Mais l'affaire n'est pas totalement bouclée. Une information judiciaire a ainsi été ouverte pour "viols sur mineurs de 15 ans, assassinats, tentative d'homicide volontaire, vols avec arme, usages de fausse qualité et enlèvement et séquestration sur mineur de 15 ans", a expliqué la procureure.

Maintenant, "c'est presque une nouvelle enquête qui commence pour reconstituer le parcours criminel de cette personne", déclare Christian Flaesch.

Article original publié sur BFMTV.com

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