Grégoire de Fournas a écrit à Carlos Martens Bilongo après son interpellation raciste

(COMBO) This combination of pictures created on November 3, 2022 shows portraits 
taken by the French National Assembly (Assemblee nationale) of Gregoire de Fournas (L), Rassemblement National (RN) Member of Parliament of the 5th constituency of the Gironde department (33) taken on June 22, 2022 and Carlos Martens Bilongo, La France Insoumise (LFI) Member of Parliament of the 8th consituency of the Val-d'Oise (95) taken on June 21, 2022. (Photo by ASSEMBLEE NATIONALE / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT
- / AFP (COMBO) This combination of pictures created on November 3, 2022 shows portraits taken by the French National Assembly (Assemblee nationale) of Gregoire de Fournas (L), Rassemblement National (RN) Member of Parliament of the 5th constituency of the Gironde department (33) taken on June 22, 2022 and Carlos Martens Bilongo, La France Insoumise (LFI) Member of Parliament of the 8th consituency of the Val-d'Oise (95) taken on June 21, 2022. (Photo by ASSEMBLEE NATIONALE / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / ASSEMBLEE NATIONALE 2022" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

POLITIQUE - Des propos du député RN Grégoire de Fournas, jugés racistes sur tous les autres bancs de l’hémicycle, ont provoqué un incident d’une ampleur rare ce jeudi 3 novembre à l’Assemblée nationale.

« Qu’il retourne en Afrique », a admis avoir lancé l’élu - plusieurs députés affirmant avoir entendu « Retourne en Afrique » -, lors d’une intervention de l’élu LFI Carlos Martens Bilongo, noir, qui s’exprimait sur le « drame de l’immigration clandestine ».

Cette interpellation sonore a immédiatement suscité une bronca, conduisant après quelques minutes de confusion à l’arrêt, rarissime, de la séance des questions au gouvernement.

L’élu RN, qui pourrait être sanctionné dès ce vendredi par le bureau de l’Assemblée nationale, a depuis écrit à Carlos Martens Bilongo, un courriel que s’est procuré BFMTV dans lequel il donne sa version des faits et ne présente aucune excuse.

« Lorsque j’ai déclaré dans l’hémicycle : ’Qu’ils retournent en Afrique’, j’ai évidemment fait référence au bateau et aux migrants que vous évoquiez. En aucun cas mes propos ne vous étaient destinés, je n’aurais jamais prononcé ni toléré une quelconque déclaration raciste ou insulte à votre égard », écrit ainsi Grégoire de Fournas.

« Je suis navré de l’incompréhension qu’ont suscité mes propos, déplore la manipulation politique qui a pu en être faite et je regrette si vous avez pu en être blessé », ajoute-t-il notamment à l’attention de Carlos Martens Bilongo.

Macron « heurté » par des « mots intolérables »

Grégoire de Fournas, soutenu par son groupe, avait admis plus tôt dans la journée devant la presse avoir prononcé ces mots : « Qu’il retourne en Afrique ». Mais le député de Gironde a catégoriquement nié tout caractère raciste, parlant d’une « manipulation de LFI » visant à lui prêter des « propos dégueulasses ».

« Quand le député de La France insoumise parlait du bateau SOS Méditerranée qui ne parvenait pas à accoster sur les côtes européennes, j’ai répondu ’qu’il retourne en Afrique’. Qu’il, le bateau, retourne en Afrique », a-t-il assuré.

Ces propos ont fait réagir au plus haut sommet de l’État. Emmanuel Macron s’est dit « heurté » par des « mots intolérables », selon son entourage.

De source parlementaire, Grégoire de Fournas est passible d’une « censure simple », soit la privation pendant un mois de la moitié de l’indemnité parlementaire. Ou d’une « censure avec exclusion temporaire », c’est-à-dire la privation pendant deux mois de la moitié de l’indemnité allouée au député avec interdiction de prendre part aux travaux de l’Assemblée et de reparaître au Palais Bourbon pendant quinze jours.

De son côté, Carlos Martens Bilongo avait réagi dans la journée, via un communiqué : «  Cela aurait-il été plus acceptable qu’un député hurle, à propos des réfugiés du bateau de SOS Méditerranée en situation critique, ’qu’ils retournent en Afrique’ ? Le racisme est-il devenu si banal pour que cette phrase soit devenue acceptable ? », s’interroge-t-il notamment.

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