Grèves de 1995 : quand la France s'arrêta pendant près d'un mois

Brutalement, le thermomètre chute. La neige recouvre les trottoirs. Les Parisiens, qui redécouvrent les vertus de la marche, glissent sur le bitume gelé. En ce début décembre 1995, le sifflement du métro s'est tu. La cohue n'agite plus les gares mais les rues. La France est comme gelée. Et Alain Juppé, tétanisé. Le 15 novembre, en présentant son plan d'économies aux députés, le Premier ministre est pourtant ovationné par la majorité en liesse, l'UDF et même quelques socialistes. Il ose ce que personne n'a encore tenté de faire : repenser le financement de l'Assurance maladie, en proie aux ­déficits ­chroniques. "Juppé l'audace", salue Libération le lendemain en une. Mais Alain le courageux va vite s'étrangler avec la potion surprise qu'il a concoctée durant l'été dans le plus grand secret.

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Quand Jacques Chirac arrive au pouvoir au printemps 1995, il déchante : les comptes ne sont pas bons du tout. "Balladur, qui voulait être réélu, a rasé gratis la dernière année alors qu'il avait toujours été très rigoureux, se souvient un acteur de l'époque. Chirac et Juppé découvrent une situation budgétaire plus catastrophique que prévu." Problème : pour passer à l'euro en 1998, la France doit respecter les critères de Maastricht. Elle en est loin. Coup de barre à droite, Juppé se transforme en père la rigueur et augmente de deux points la TVA.

La fin de la lutte contre la "fra...


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