Grève des urgences : Hugo Huon, le porte-voix des soignants

La sociologie étant un sport de combat, sa lecture entraîne parfois des passages à l'acte. Surtout après les shoots d'adrénaline quotidiens du travail de nuit aux urgences. Infirmier à l'hôpital Lariboisière, à Paris, depuis 2015, Hugo Huon, 30 ans, a cofondé le collectif ­L'Inter-Urgences. Auparavant, pendant des mois, ce Breton de Saint-Malo exilé dans la capitale avait encaissé les éruptions des patients en salle d'attente et "la violence symbolique" d'une institution qui maintient les soignants dans un éternel second rôle.

Et puis, "un peu désespéré", tout en "haine intériorisée", ce bosseur s'est jeté dans la lutte, réclamant des sommes dont les syndicats, bousculés, disent en off aux directions qu'elles sont "un peu irréalistes". Usant d'une arme de dissuasion massive : l'arrêt maladie sauvage.

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Le sourire bienveillant et sincère

Est-ce la reprise de ses études à la fac qui lui a donné l'idée de bousculer le système de santé? La réaction de sa nature rebelle face à ­l'adversité, quand d'autres ­essuient les crachats sans broncher ou s'autorisent un arrêt maladie pour souffler? D'abord, il sourit en coin - la psychologie ­l'intéresserait moins que les sciences sociales. Puis il raille le goût du portrait, le dévorant "­besoin d'incarnation" de ­médias déboussolés par les combats ­collectifs.

Mais le porte-voix malgré lui a le sourire bienveillant et sincère, l'oreille extralucide des soignants. Alors il finit par lâcher u...


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