Grève de la faim dans les prisons : changement de ministre au Venezuela

L'amiral Remigio Ceballos, ministre de l'Intérieur, exhibe en septembre 2023 devant la presse un arsenal confisqué après la reprise de la prison de Tocoron (centre-nord) (YURI CORTEZ)
L'amiral Remigio Ceballos, ministre de l'Intérieur, exhibe en septembre 2023 devant la presse un arsenal confisqué après la reprise de la prison de Tocoron (centre-nord) (YURI CORTEZ)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a limogé mardi la ministre de l'administration pénitentiaire pour la remplacer par un avocat alors que la grève de la faim des détenus protestant contre leurs conditions de vie et la lenteur de la justice s'est étendue à 16 prisons du pays.

"J'ai nommé" l'avocat et député "Julio Garcia Zerpa nouveau ministre du pouvoir populaire pour le service pénitentiaire, afin de continuer à promouvoir un système adapté aux temps nouveaux, sûr, stable et respectueux des droits de l'homme", a écrit M. Maduro dans un message sur X.

"Je remercie la vice-amirale Celsa Bautista pour son important travail à la tête de ce ministère", a ajouté le président au sujet de la ministre sortante qui était en poste depuis février 2023.

Les détenus de sept prisons ont lancé dimanche une grève de la faim demandant notamment "le respect de leurs droits humains, des remises de peine, des transferts vers leurs prisons d'origine et des mesures humanitaires", selon l'ONG Observatoire vénézuélien des prisons (OVP).

Le mouvement a fait tache d'huile, affectant désormais 16 centres pénitentiaires, dont plusieurs que les autorités avaient investi en 2023 alors qu'ils étaient sous la coupe des gangs.

Le gouvernement avait alors promis de mettre fin aux "mafias carcérales", à l'extorsion, au trafic de drogue et à la traite d'êtres humains.

Selon les estimations des ONG, les prisons vénézuéliennes sont surpeuplées à près de 200% et les prisonniers se plaignent constamment de mauvais traitements, de retards dans les procédures et de graves problèmes d'alimentation.

"Mon fils a dû manger de la viande verte (avariée)", a assuré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, la mère d'un prisonnier en grève de la faim depuis quatre jours.

Il avait été transféré de Tocuyito (Carabobo, centre-nord) à une prison de l'Etat de Mérida (ouest), à quelque 500 kilomètres du lieu de sa condamnation. "On ne peut même pas leur apporter du savon ou un morceau de pain", a déclaré cette femme, qui n'a pas vu son fils depuis huit mois.

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