Grève du 5 décembre : le gouvernement se « garde la possibilité de lâcher du lest », dit le politologue Jean Petaux

Propos recueillis par Rachel Garrat-Valcarcel

INTERVIEW - Pour le politologue Jean Petaux, interrogé par « 20 Minutes », on aura dès jeudi soir une bonne idée du rapport de force entre gouvernement et syndicats

Pour la première fois depuis le début qui quinquennat, les syndicats semblent avoir la main : la mobilisation contre la réforme des retraites, qui commence jeudi avec une grève reconductible, notamment à la SNCF et la RATP, s’annonce forte. D’autant que d’autres mouvements pourraient s’y agréger. En face, le gouvernement, que l’on disait plus conciliant depuis la rentrée, a choisi la fermeté. Quoi qu’il arrive, la réforme des retraites se fera, a dit, en substance, le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, dimanche matin, dans Le Journal du dimanche. Est-ce la bonne stratégie ? 20 Minutes a posé la question à Jean Petaux, politologue à Sciences po Bordeaux.

Peut-on parler de position de fermeté de la part du gouvernement, face au mouvement de contestation de la réforme des retraites, qui s’annonce fort, le 5 décembre ?

C’est une position qui n’est pas surprenante au début d’une partie de bras de fer. Il faut pouvoir se ménager des espaces éventuels de négociation et pour cela il ne faut pas commencer par une attitude de renoncement. Ça voudrait dire que ces espaces de négociations reposeraient sur des terrains encore plus fragiles pour le gouvernement. C’est un peu le principe de la stratégie militaire : on dit que « qui tient le haut tient le bas ». En matière de négociation sociale, qui tient une position ferme, haute en ambition, garde la possibilité de lâcher du lest dans les semaines à venir.

Pour la négociation, on voit bien que le gouvernement a sorti un cert(...) Lire la suite sur 20minutes

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