Grève du 5 décembre : les cheminots sont prêts à tenir

Ça ressemble à une grande cuisine familiale. Dans le local destiné aux conducteurs, au cœur de la gare du Nord à Paris, la plus importante d'Europe, les cheminots vont et viennent, traînant parfois une valise pour la nuit. Tous se serrent la main et se tutoient. Assis devant des tracts éparpillés, ces salariés de la SNCF ne parlent que de retraite. Pour eux, faire grève dès mercredi soir va de soi. "On veut nous faire passer d'un système par répartition à un système à points, gronde le secrétaire fédéral du syndicat SUD Rail Emmanuel Grondein. Ce n'est pas ce dont j'ai envie, ni pour moi ni pour mes enfants. Ce n'est pas la société dont je rêve." Le nez dans des cafés fumants, ses ­camarades acquiescent.

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Conducteur du RER B, Emmanuel Grondein est entré à la SNCF en décembre 1995, lors des grèves contre le plan Juppé sur les retraites. "Je suis allé à mon entretien d'embauche en camion militaire", raconte celui pour qui ce mouvement, conclu par le retrait de la réforme, est un bon souvenir. Depuis, en 2003, 2007, 2010 et 2018, tous les bras de fer se sont soldés par un coup de force du gouvernement. "L'âge minimal de départ à la retraite pour nous, cheminots, c'est 52 ans, s'anime-t-il. Mais pour avoir une pension à taux plein, il faut avoir cotisé quarante-­trois ans… Faites le calcul!"

"Je ne ferais pas grève si c'était perdu d'avance"

Autour de lui, les autres conducteurs veulent croire que cette fois le gouvernemen...


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