Grève du 19 janvier contre la réforme des retraites : un « million » de manifestants dans la rue ?

Annoncée comme massive, la mobilisation contre la réforme des retraites du 19 janvier risque d’avoir des conséquences dans le secteur des transports, de la santé ou de l’énergie.
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Annoncée comme massive, la mobilisation contre la réforme des retraites du 19 janvier risque d’avoir des conséquences dans le secteur des transports, de la santé ou de l’énergie.

RETRAITES - « Public, privé, jeunes, retraités, nous devons tous sortir massivement », scande Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste dans les colonnes du JDD ce dimanche 15 janvier. Alors que se profile la première grève contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale, jeudi 19 janvier, plusieurs opposants au projet du gouvernement annonce une mobilisation « très forte ». Le gouvernement s’attend lui-même à voir « du monde dans la rue ».

« Ce sera une très très forte mobilisation. Il faut que ce soit du niveau de 1995, même de 2010 », a déclaré dimanche sur France 3 le numéro un de la CGT, Philippe Martinez. Dans le Journal du dimanche, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel a même exhorté « un million » de Français « à déferler dans la rue » jeudi.

« C’est un droit »

La CGT « fait tout pour » qu’il y ait plus d’un million de Français au rendez-vous, a déclaré Philippe Martinez qui souhaite également « des grèves dans les entreprises publiques et privées ».

Il a précisé se fier au « nombre de cars commandés pour aller aux manifestations », aux « préavis de grève déposés depuis longtemps » dans les services publics et les transports, et aux nombreux salariés « qui nous appellent pour nous demander comment on fait grève ».

De son côté, le ministre du Travail Olivier Dussopt « pense qu’il y aura du monde dans la rue parce qu’il y a une mobilisation portée par de nombreuses organisations ».

« Les organisations syndicales ont une légitimité lorsqu’elles appellent à la grève ou à la manifestation », a poursuivi le ministre interrogé dans plusieurs médias français. « C’est un droit. Je souhaite que ça ne se traduise pas par un blocage du pays car plein de gens souhaitent continuer à travailler ».

68% des Français sont hostiles au projet

Le projet du gouvernement vise à reporter progressivement à 64 ans l’âge de départ à la retraite, au lieu de 62 ans actuellement, tout en accélérant l’allongement de la durée de cotisation.

Les principaux syndicats, unanimement opposés à cette réforme, ont annoncé une première journée de grèves et manifestations le 19 janvier. L’ensemble de la gauche a appelé à rejoindre la mobilisation.

Selon un sondage Ifop pour le JDD, 68 % des Français sont hostiles au projet, et 51 % soutiennent le mouvement social. Une pétition en ligne lancée par les syndicats sur le site change.org contre une réforme « injuste et brutale » avait dépassé dimanche en fin de matinée les 330 000 signataires, selon la CGT.

« Il faut équilibrer le système pour en garantir la durabilité et le faire de manière juste. Toutes les mesures que nous avons travaillées avec les partenaires sociaux et la Première ministre garantissent cette justice », a plaidé le ministre du Travail, faisant valoir la revalorisation des petites retraites à 1 200 euros minimum.

Le président du MoDem, François Bayrou, a, lui, demandé dimanche au gouvernement de faire plus de pédagogie et de « réfléchir à des améliorations » de son texte sur les retraites pour convaincre les Français.

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