Grève dans les écoles, pass vaccinal... Le gouvernement Castex face à une semaine délicate

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Alors que le projet de loi arrive ce lundi 10 janvier au Sénat, le gouvernement doit gérer de front plusieurs dossiers sensibles.

POLITIQUE - “Je suis résolument optimiste pour l’année qui vient”. Lors de ses vœux du 31 décembre, Emmanuel Macron a choisi de porter un message d’espoir, allant même jusqu’à évoquer une possible fin de l’épidémie en 2022. Et donc, en creux, le retour des fameux jours heureux.

Or, la semaine qui a suivi a offert un spectacle beaucoup moins apaisé, avec les débats houleux observés à l’Assemblée nationale sur le pass vaccinal, embrasé par les propos du chef de l’État, qui a “très envie d’emmerder les non-vaccinés”.

Avant cela, la révélation du protocole sanitaire pour les écoles à quelques heures seulement de la reprise des cours laissait déjà entrevoir les difficultés auxquelles allait être confronté l’exécutif. Résultat ce lundi 10 janvier, une semaine qui démarre dans un climat particulièrement tendu -un député de la majorité ayant même été agressé à son domicile- et qui s’annonce délicate sur plusieurs points.

Un agenda perturbé

Première épreuve, les discussions sur l’instauration du pass vaccinal qui arrivent au Sénat avec, ce lundi, l’audition du ministre de la santé Olivier Véran en commission. De quoi remettre une pièce dans la machine de la polémique provoquée par Emmanuel Macron, dans un contexte de regain de mobilisation des militants anti-pass.

Surtout, les sénateurs ont décidé de prendre, autant que possible, leur temps dans l’examen du texte. Ce qui a de fortes chances de faire dérailler les plans de l’exécutif, qui tablait sur une entrée en vigueur le 15 janvier. Dimanche 9 janvier, le porte-parole du gouvernement a anticipé ce possible retard de livraison, annonçant que la mesure s’appliquera “au plus tard” au début de la semaine du 17 janvier.

Avant le week-end, une source gouvernementale proche des discussions s’inquiétait auprès du HuffPost de la possibilité que députés et sénateurs ne s’accordent pas en commission mixte paritaire (CMP), laquelle devrait se tenir, si tout va bien, jeudi. Un risque rendu plus important par la volonté des sénateurs d’amender considérablement le texte. “Si la CMP n’est pas conclusive, on prendra plusieurs jours dans les dents”, observait cette source. Un potentiel camouflet pour le gouvernement qui, durant la trêve des confiseurs, avait justement accéléré son calendrier pour une entrée en vigueur du pass vaccinal le plus tôt possible.

Grogne à l’école

Au-delà de ce projet de loi, le gouvernement doit également faire face à la grogne qui s’observe dans les écoles. Sur les réseaux sociaux, les photos de parents excédés de passer des heures en file d’attente sous la pluie dans l’espoir de trouver un test pour leur progéniture se multiplient. Et alors que 2700 professionnels de la santé et de l’éducation critiquent vivement Jean-Michel Blanquer sur la politique sanitaire en vigueur à l’école, les syndicats enseignants ont appelé à la grève jeudi 13 janvier.

Signe que le climat est particulièrement tendu, la CFDT, un syndicat qui préfère habituellement jouer le jeu des discussions plutôt que celui de la confrontation avec le gouvernement, a également appelé à se mobiliser. “L’exaspération des professionnels à l’école est à son comble et totalement légitime. La CFDT s’associe à l’appel à la grève du 13 janvier pour qu’enfin, le ministère entende la réalité de terrain et apporte des solutions”, a annoncé le président du syndicat, Laurent Berger.

Pour tenter d’apaiser la situation et désengorger pharmacies et laboratoires saturés par les demandes de tests, le gouvernement a modifié par deux fois le protocole de dépistage à l’école depuis la rentrée. Le Premier ministre a annoncé trois simplifications du protocole lundi 10 janvier pour notamment “simplifier la vie des parents”.

Mais pas sûr que cela suffise à apaiser ses derniers et les syndicats. La première réaction de Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, a été très fraîche: “C’est du total mépris vis-à-vis des enseignants qui sont sur le terrain. Cet allégement ne va pas du tout faire réduire le nombre de contaminations à l’école au contraire, ça va les décupler. Car il suffit désormais d’une attestation sur l’honneur des parents”, a-t-elle déploré.

De quoi accentuer la pression sur le gouvernement, qui aura également un autre dossier sensible sur les bras: l’organisation de l’élection présidentielle. Mardi 11 janvier, Jean Castex s’entretiendra avec les différentes forces politiques afin d’évoquer les ajustements qui pourront être mis en place, pour concilier campagne électorale et crise sanitaire.

Un sujet potentiellement explosif car plusieurs écuries ne veulent pas entendre parler de jauges ou expriment leur réticence sur le pass sanitaire pour entrer dans leurs meetings, à l’image d’Éric Zemmour qui accuse Emmanuel Macron de vouloir “voler l’élection présidentielle aux Français” en faisant du Covid “le sujet numéro 1″.

Et ce n’est pas tout. Samedi 8 janvier, 105.200 manifestants ont défilé contre le pass vaccinal, selon le ministère de l’Intérieur. Soit quatre fois plus que les 25.500 comptabilisés le 18 décembre. Une progression nette qui montre qu’une forte mobilisation samedi 15 janvier n’est pas à exclure.

À voir également sur Le HuffPost: Sommé de s’excuser pour Macron à l’Assemblée, Castex assume et presse les députés

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

VIDÉO - Jean Castex annonce des changements dans le protocole sanitaire des écoles

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