En grève à la RATP, ils répondent à Gabriel Attal : « Venez me regarder dans les yeux »

PARIS - « Moi je fais 35 kilomètres tous les jours pour venir travailler, si je n’avais aucune empathie je ne serais même pas là ». Voilà, ce que répond Arnaud, agent de station à la RATP, à Gabriel Attal, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en haut de l’article.

Le ministre délégué chargé des Comptes publics était au micro de BFMTV et RMC, ce jeudi 10 novembre. Interrogé sur la grève à l’agence de transport francilienne, il déclare : « Le mot d’ordre de la grève à la RATP c’était ’zéro métro, zéro RER’, c’est aussi zéro empathie pour tous les Français ».

Une déclaration qui a agacé les salariés en grève. « C’est vrai que c’est très facile d’avoir ce discours-là quand on est en haut », dénonce Isabelle, agente de station. Mais parmi les personnes interrogées par Le HuffPost, le plus ému par les propos du ministre reste Arnaud : « Tous les jours, je rentre à 2 h du matin parce que je suis un agent de nuit. Ce qu’on demande c’est juste d’avoir un salaire décent, une vie décente.

Salaires et réforme des retraites dans le viseur

L’ensemble des syndicats (CGT, FO, Unsa, Solidaires) de la RATP ont appelé de longue date à la mobilisation pour demander des hausses de salaire et une amélioration des conditions de travail.

La RATP souffre d’un sous-effectif chronique à cause de difficultés de recrutement et subit une explosion de l’absentéisme. Les ressources humaines seront « le premier sujet sur la table » après sa prise de fonction à la tête de la RATP, a insisté Jean Castex mardi. L’ancien Premier ministre a promis l’ouverture de négociations sur les salaires « dès décembre 2022 ». Les agents RATP ont bénéficié d’une hausse moyenne de 5,2% des rémunérations cette année, selon la direction.

Autre motif de mobilisation : la future réforme des retraites avec un report possible de l’âge légal de départ et la fin des régimes spéciaux. Il s’agit de « montrer que si on veut mobiliser, on sait mobiliser », a affirmé mercredi Frédéric Souillot, secrétaire général de FO, dressant un parallèle avec la journée du 13 septembre 2019 qui avait précédé la grande mobilisation contre la réforme des retraites de l’hiver 2019-2020.

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