La grève à la RATP annonce un automne social orageux

Geoffroy Clavel
La grève à la RATP ce vendredi 13 septembre a donné le coup d'envoi de l'automne social.

ANALYSE - Dix lignes de métro fermées, très peu de RER, un bus sur trois en moyenne, embouteillages monstres et une sacrée galère pour de nombreux Franciliens: la mobilisation, inédite depuis 12 ans, des personnels de la RATP ce vendredi 13 septembre a fortement frappé les esprits, actant le départ d’un automne social particulièrement orageux.

Principal motif de colère des contestataires: la future réforme des retraites qui risque de faire converger de nombreuses professions dans la rue en prévoyant la suppression des régimes spéciaux. Après les personnels de la RATP, ce sont les avocats, les médecins, ou encore les hôtesses et les pilotes qui défileront lundi prochain. Les personnels d’EDF leur emboîteront le pas jeudi.

Toute la question est de savoir si ces professions, dont les régimes sont parfois très différents, se retrouveront lors des mobilisations nationales. Force ouvrière a programmé la sienne le 21 septembre quand la CGT a fixé rendez-vous à ses adhérents le 24 septembre. Ils seront rejoints par Solidaires et SUD-Rail, ce qui préfigure de nouvelles perturbations dans les transports.

Entre apaisement et volontarisme

Conscient du risque d’embrasement social qu’il encourt, le gouvernement oscillait ce vendredi entre discours d’apaisement et volontarisme réformateur, quitte à opposer certains Français entre eux. “Les agents de la RATP partent en retraite en moyenne à 56 ans, alors qu’un fonctionnaire civil part en moyenne à 61 ans. Les Français ont le droit de se dire pourquoi un tel régime spécial”, a rappelé sur Europe1 le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. “Le régime spécial de la RATP va converger petit à petit, il n’est pas supprimé d’un coup d’un seul”, a dédramatisé sur LCI le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

Quel que soit le ton adopté, l’exécutif martèle qu’il entend prendre le temps pour consulter les Français sur cette réforme hautement sensible. D’autant que le climat social n’est guère plus tempéré chez d’autres...

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