Grèce: le quartier d'Exárcheia à Athènes dans le viseur des autorités

C’est ce jeudi que prend fin l’ultimatum du gouvernement conservateur, qui exige l’évacuation de l’ensemble des squats du pays, notamment ceux de la capitale Athènes. Tout particulièrement ciblé, le quartier d'Exárcheia, traditionnellement contestataire et proche du centre-ville, qui héberge les plus emblématiques d’entre eux.

Avec notre correspondant à Athènes, Joël Bronner

Exárcheia est dans le viseur des autorités à plus d’un titre. Depuis la campagne électorale qui a précédé son élection, le Premier ministre Mitsotakis a d’abord promis de le « nettoyer ». Pour justifier cette rhétorique et une présence policière quotidienne au cœur du quartier, les autorités s’appuient notamment sur l’argument du trafic de drogue, qui s’y est par ailleurs développé.

Mais dans la capitale grecque, le quartier aux façades couvertes d’innombrables graffitis a surtout l’image d’un bastion pour les représentants de l’anarchisme et de l’extrême gauche. En somme, des opposants politiques au pouvoir en place.

Avec un ultimatum pour l’évacuation des squats, le gouvernement semble avoir voulu faire d’une pierre deux coups. Déloger d’une part certains demandeurs d’asile contre qui la loi grecque vient de se durcir et tenter, d’autre part, de mater un quartier à la réputation indocile, qui abrite des squats symboliques, comme le Notara 26 ou le K-Vox.

Il semble aussi annoncer une imminente action policière d’envergure dans un quartier déjà en cours de gentrification. La question se pose à présent de savoir si Exárcheia la rebelle a encore les moyens de résister.