Grèce: le Conseil de l’Europe dénonce les conditions «inhumaines» de détention des migrants

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Le comité anti-torture du Conseil de l'Europe a vilipendé, dans son rapport publié jeudi, les conditions « inhumaines » de rétention réservées aux migrants en Grèce, exhortant le pays à revoir sa politique d'accueil.

Les observateurs du comité anti-torture du Conseil de l’Europe se sont rendus en mars dans la région d'Evros, la plus orientale de la Grèce, frontalière avec la Turquie, et sur l'île de Samos, séparée de la Turquie par un détroit large de seulement 1,6 kilomètre.

Ils s’indignent que les autorités grecques maintiennent en rétention de jeunes enfants et des bébés pendant des périodes allant jusqu'à un mois, voire plus. Au port de Samos, ils ont visité deux cellules de 42 et 32 mètres carrés, accueillant respectivement 43 et 50 personnes, sans chauffage, sans éclairage et sans lits. Ils pointent des conditions d'hygiène déplorables et des migrants n'ayant « aucune possibilité de contact avec le monde extérieur ». Des conditions qui constituent un traitement inhumain et dégradant.

En réponse, le gouvernement grec fait savoir que la police n'a reçu aucune plainte faisant état de mauvais traitements. Les autorités grecques reconnaissent malgré tout que les centres de rétention de Samos sont saturés.

Enfin, les rapporteurs du comité anti-torture déplorent que la justice grecque poursuive au pénal de nombreux migrants pour « entrée illégale » sur le territoire, et leur inflige des peines pouvant atteindre quatre ans de prison et 10 000 euros d'amende.

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