Grèce: les étudiants bravent l'interdiction de manifester

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En Grèce, plusieurs milliers d’étudiants ont bravé une interdiction de manifester pour afficher leur opposition à un projet de réforme dans les universités. En interdisant sans préavis les rassemblements de plus de 100 personnes pour une semaine au motif officiel de la lutte contre le Covid, les autorités avaient tenté d’empêcher cette manifestation qu’elles ont paradoxalement contribué à mettre davantage en lumière.

Avec notre correspondant à Athènes, Joël Bronner

Malgré l’interdiction de manifester les étudiants grecs étaient environ 4 000 à Athènes et 1 500 à Thessalonique, la deuxième ville du pays. Avec des slogans comme « on veut des livres, pas des policiers », les manifestants contestent l’arrivée des forces de l’ordre dans les établissements de l’enseignement supérieur, comme le résume cet étudiant en agronomie de 25 ans : « Cette manifestation s’oppose à un nouveau projet de loi qui vise à mettre en place des forces de police à l’intérieur même des universités. »

Un corps d’un millier de fonctionnaires de police pourrait ainsi être prochainement créé. Étudiante en architecture, Katerina, qui préfère ne pas donner de nom de famille, revient sur l’interdiction de manifester décrétée pour des motifs officiellement sanitaires : « Nous savons que ce rassemblement n’est pas idéal dans le contexte de la pandémie actuelle, mais nous estimons que ce qui se passe vis-à-vis des universités est plus important. On essaye de conserver une certaine distance entre nous, mais nous n’avons pas l’intention de laisser passer cette loi. »

Malgré l’interdiction du rassemblement, la présence policière est restée relativement discrète, sans doute dans le but de ne pas mettre davantage d’huile sur le feu entre les étudiants et les forces de l’ordre.

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