Grâce au Téléthon 2019, elle est la première patiente à avoir reçu une greffe sous la rétine

Lea Nicosia

SANTÉ - 10 années. C’est le temps que les équipes de l’I-stem et de l’Institut de la vision ont consacré à la fabrication d’une greffe pour les personnes atteintes de la rétinopathie pigmentaire. L’essai clinique a vu le jour en 2019 grâce au Téléthon qui a financé deux tiers de son développement. Celui-ci s’élève à plus de 10 millions d’euros. 

C’est une grande avancée pour les patients atteints de cette maladie, environ 30.000 personnes en France. Christelle Monville, membre de l’I-stem, explique que la rétinopathie pigmentaire, c’est la dégénérescence progressive des cellules photoréceptrices de la rétine. “Et les photorécepteurs, c’est ce qui nous permet de visualiser la lumière”, poursuit-elle.

Les patients voient alors leur champ visuel rétrécir progressivement et à terme, complètement. C’est le cas de Ouiza Perez qui, à 56 ans, n’avait plus aucune visibilité. En septembre 2019, on lui a greffé des cellules, issues de cellules souches sous la rétine gauche. La quinquagénaire est la première à essayer la greffe. En trois mois, elle commence à percevoir de la lumière. 

“Je n’ai rien à perdre”  

 Assise dans le studio du HuffPost, Ouiza Perez se souvient du jour de son opération et raconte. “Mon frère est également malvoyant et nous avons tous les deux testé l’essai clinique, mais j’y suis allée la première”.

C’est au mois de septembre que le jour qui a changé la vie de la patiente a eu lieu. “C’était à l’hôpital des Quinze-Vingts à Paris, j’avais plus peur de l’anesthésie que de l’opération et j’avais raison, car ce n’était vraiment pas douloureux.” 

Ce jour-là, Ouiza Perez ne l’attendait plus. “Cela fait 56 ans de détérioration pour mes yeux. J’ai mon chien-guide, ma canne blanche, et je ne pensais pas un jour avoir droit à une greffe...”, confie-t-elle.

Après avoir longuement discuté avec son frère qui teste également l’essai clinique, ils étaient d’accord :“le seul regret que l’on pourrait avoir, c’est de ne pas le faire. Pour ma part, je n’ai rien à perdre”. Et...

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