Le gouvernement veut instaurer le vote par anticipation pour la présidentielle

Par JP
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Le Premier ministre Jean Castex à Paris le 3 février 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Le Premier ministre Jean Castex à Paris le 3 février 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le gouvernement a déposé ce mardi matin au Sénat un amendement destiné à permettre le vote par anticipation pour l'élection présidentielle de 2022, ce qui constituerait une première en France s'il est adopté par les parlementaires.

Cet amendement ajouté au dernier moment à un texte sur l'organisation technique du scrutin présidentiel prévoit un vote par anticipation dans certains bureaux, via une machine à voter, à une "date fixée par décret, durant la semaine précédant le scrutin", indique l'amendement.

Les électeurs pourront, selon l'exposé du texte, "demander à voter dans une autre commune de leur choix parmi une liste de communes arrêtées par le ministre de l'Intérieur".

LR farouchement opposé

Le texte technique sur l'élection présidentielle, déjà adopté par l'Assemblée nationale en janvier, doit être soumis jeudi en séance publique au Sénat, à majorité de droite. Auparavant, l'amendement aura été examiné mercredi par la commission des Lois qui devrait le repousser, selon la majorité sénatoriale. Il sera ensuite présenté le lendemain au vote de tous les sénateurs.

Aussitôt le texte déposé, le président des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, a affirmé auprès de l'Agence France-Presse qu'il n'était "pas question que le Sénat puisse prêter la main à ce genre de manoeuvre politicienne".

"Nous y sommes fortement opposés. D'abord c'est un amendement, ce qui permet au gouvernement de passer sous le radar du Conseil d'État, et en dehors d'une discussion parlementaire approfondie", a-t-il dit.

"Ensuite, pour l'élection présidentielle qui est la clé de voûte de nos institutions, on ne peut pas faire les choses à la va-vite", a ajouté le sénateur de Vendée, avant de conclure:

"Un vote par anticipation est totalement opposé à la tradition française (...) c'est un amendement stupéfiant qui montre la légèreté du gouvernement sur les principes démocratiques."

"Il faut repousser ce machin"

La tonalité est la même chez les centristes, dont le chef de file Hervé Marseille a qualifié l'amendement "d'Ovni".

"Tout le monde est à peu près convaincu qu'il faut repousser ce machin-là", a-t-il poursuivi auprès de l'AFP. "La majorité sénatoriale ne va pas déférer à un texte comme celui-là, dans les conditions dans lesquelles ça arrive. Ce n'est même plus du mépris".

"Soyons vigilants face aux manœuvres de #LREM qui sournoisement souhaite (encore) changer les règles", a renchéri sur Twitter la sénatrice LR Valérie Boyer.

Le député ex-La République en marche Matthieu Orphelin s'est pour sa part déclaré favorable au vote par anticipation mais, a-t-il tweeté, "dans des vrais isoloirs et urnes, pas sur des machines à voter". Une autre ex-LaREM, Martine Wonner, a qualifié l'idée de "danger pour notre état de #droit".

Article original publié sur BFMTV.com