Le gouvernement Trump sanctionne la Californie sur le remboursement de l'IVG

S.B.-E.
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Des partisans et des opposants à l'avortement devant la Cour suprême à Washington lors de la 47e
Des partisans et des opposants à l'avortement devant la Cour suprême à Washington lors de la 47e

Le gouvernement du président Donald Trump a annoncé mercredi qu'il allait sanctionner financièrement la Californie, à hauteur de 200 millions de dollars, parce que cet Etat démocrate oblige les assurances santé à couvrir le coût des interruptions volontaires de grossesse.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a réagi en dénonçant un "acte politique mesquin". "La santé des femmes, c'est la santé publique", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Une disposition qui va à l'encontre d'une loi fédérale

Le sujet de l'avortement est extrêmement clivant aux Etats-Unis et Donald Trump, qui doit quitter la Maison Blanche le 20 janvier prochain, avait courtisé la droite religieuse en promettant notamment de nommer des juges opposés à l'IVG.

De son côté, la Californie, bastion démocrate et fer de lance de l'opposition à la politique du milliardaire conservateur, a adopté en 2014 une législation contraignant les employeurs et les assurances privées à inclure dans leur couverture santé le remboursement des IVG.

Le gouvernement Trump avait estimé en début d'année que cette disposition allait à l'encontre d'une loi fédérale sur la liberté de conscience qui interdirait toute discrimination contre les assureurs qui refusent de couvrir les avortements.

Quid de la sanction sous le gouvernement Biden?

Le ministère de la Santé a annoncé mercredi dans un communiqué que, faute de s'être mises en conformité, les autorités californiennes allaient être privées de 200 millions de dollars, retenus sur le financement fédéral destiné à la couverture santé des plus pauvres au titre du premier trimestre 2021. Une sanction qui s'appliquera tant que la législation n'aura pas été amendée.

"Les entités qui reçoivent des fonds (du ministère de la Santé) devraient y réfléchir à deux fois avant d'enfreindre la loi fédérale", écrit dans un communiqué Roger Severino, directeur du bureau des droits civiques de ce ministère. "Quoi qu'on pense de la légalité de l'avortement, personne ne devrait être puni pour refuser de payer ou de contribuer pour le retrait d'une vie humaine", affirme-t-il.

Cette décision a toutefois peu de chances d'être suivie d'effets, le président élu, Joe Biden, ayant toute latitude pour l'annuler une fois entré en fonctions. Ironie de l'histoire, c'est l'actuel procureur général de Californie, Xavier Becerra, que Biden a choisi pour devenir son ministre de la Santé.

Selon un sondage du centre de recherches Pew datant de 2018, 58% des Américains estiment que l'avortement devrait être légal mais 37% souhaitent son interdiction.

Article original publié sur BFMTV.com