Chantal Jouanno poussée à la démission par le gouvernement

Geoffroy Clavel
Deux ministres ont appelé la présidente de la CNDP Chantal Jouanno à tirer les conséquences de son retrait de l'organisation du grand débat national.

POLITIQUE - L'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a les oreilles qui sifflent. Depuis sa décision de se retirer de l'organisation du grand débat promis par Emmanuel Macron, sur fond de polémique sur le montant de son salaire, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) Chantal Jouanno est dans le collimateur de la majorité présidentielle.

Il faut dire que ce retrait surprise, annoncé de manière unilatérale, fragilise encore un peu plus l'installation de cette concertation inédite sur laquelle mise l'exécutif pour enfin tourner la page de la crise des gilets jaunes. Une "complexité supplémentaire", selon la litote employée par Edouard Philippe, que ne pardonnent pas les cadres de La République En Marche.

"C'est assez incompréhensible pour nos concitoyens de démissionner de la principale mission confiée à la commission qu'on préside soi-même", a lancé ce jeudi 10 janvier sur RTL le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, relayant des critiques également exprimées la veille par l'opposition sur le principe de se retirer de l'organisation du débat tout en continuant à percevoir son salaire.

"Cela pose question de dire 'mon salaire pose problème donc je me déporte de ce débat mais je conserve mon poste et le salaire en question'", a pointé dans la matinée la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa sur France Inter.

"Qu'elle en tire les conséquences"



Pour autant, il est délicat pour les membres du gouvernement d'appeler expressément à la démission de Chantal Jouanno de son poste à la CNDP. L'ancienne sénatrice de Paris, retirée de la vie politique, préside en effet une autorité administrative indépendante. Confié par le pouvoir exécutif, son mandat est toutefois irrévocable.

Soucieux de respecter cette ligne de démarcation, le gouvernement se garde donc de réclamer ouvertement la tête de Chantal Jouanno tout en l'appelant à "prendre ses responsabilités". "C'est à elle qu'il appartient de se déterminer, elle le fera en conscience, elle...

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