Le gouvernement maltais en partie responsable de la mort de Daphné Caruana Galizia, selon une enquête

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LE GOUVERNEMENT MALTAIS EN PARTIE RESPONSABLE DE LA MORT DE DAPHNÉ CARUANA GALIZIA, SELON UNE ENQUÊTE

LA VALETTE (Reuters) - La "culture de l'impunité" cultivée par le gouvernement maltais a créé des conditions favorables à l'assassinat de la journaliste Daphné Caruana Galizia, montrent jeudi les résultats d'une enquête indépendante conduite par un juge et deux magistrats à la retraite.

Son exécution, en 2017, avait provoqué une onde de choc sur l'île méditerranéenne, le plus petit pays membre de l'Union européenne déjà submergé par une vague de scandales de corruption, de blanchiment d'argent et de trafic d'influence au sein du gouvernement.

Daphné Caruana Galizia, qui était âgée de 53 ans, avait révélé nombre de ces affaires et était aimée de ses lecteurs, qui voyaient en elle une journaliste intrépide lancée dans une croisade contre la corruption. Ses détracteurs la considéraient plutôt comme une rêveuse doublée d'une "fouineuse".

Le ministère public a depuis mis en cause Yorgen Fenech, un homme d'affaires de renom qui entretenait des liens étroits avec la haute sphère politique insulaire, et l'accuse d'avoir commandité le meurtre de la journaliste spécialisée dans les affaires de corruption.

L'enquête indépendante dont les résultats ont été communiqués jeudi montrent que le gouvernement de l'époque, dirigé par le travailliste Joseph Muscat, avait développé une culture de l'impunité aux plus hauts échelons du pouvoir maltais.

"Les tentacules de l'impunité se sont déployées sur les autres corps administratifs et sur la police, provoquant un effondrement de l'état de droit", disent les auteurs de l'enquête qui accusent le gouvernement maltais d'avoir ignoré les risques courus par Daphné Caruana Galizia et de s'être abstenu d'y avoir remédié.

Selon les magistrats, il ne fait aucun doute que l'assassinat de la journaliste était directement ou indirectement lié à ses travaux.

Lui-même ancien journaliste, Joseph Muscat a démissionné en janvier 2020 dans la foulée de l'arrestation de Yorgen Fenech, mais n'a jamais été formellement accusé de la moindre malversation.

(Reportage Christopher Scicluna; version française Nicolas Delame, édité par Sophie Louet)

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