Le gouvernement espagnol lance un grand chantier de décolonisation des musées du pays

C’est un chantier qui divise en Espagne. Il y a six mois, le ministre de la Culture espagnol, Ernest Urtasun, avait annoncé une décolonisation de musées nationaux. Ce 8 juillet, il en a donné le coup d’envoi avec deux premières institutions : les musées de l’Anthropologie et de l’Amérique, tous deux situés à Madrid et au sein desquels le ministère “a déjà amorcé la refonte des expositions permanentes grâce à la création de deux comités d’experts”, relate le journal ABC.

Ces comités, qui incluent des artistes et d’autres professionnels du secteur choisis par le ministère pour accompagner la direction du musée, plancheront sur des rapports techniques voués à servir de base aux projets finaux qui verront le jour d’ici à 2025, afin de rénover les collections permanentes à l’aune d’enjeux actuels. Selon le communiqué du ministère, qui n’emploie pas le terme de “décolonisation”, concède le quotidien conservateur, il s’agit de “moderniser et enrichir la connaissance des collections”, en accord avec les nouvelles politiques du Comité international des musées (ICOM), qui évoquent la “diversité culturelle et la participation des populations locales”, ou bien “le renouveau des muséographies”.

Des efforts déjà lancés

Le quotidien conservateur fait partie des quelques voix critiques à l’encontre de la politique menée par le ministre écologiste, membre du parti Gauche verte et de la coalition de gauche au pouvoir à Madrid. Il dénonce ainsi le manque d’autonomie des institutions, qui “devront écouter une kyrielle de consultants choisis par le ministère, dont beaucoup ont une position militante”.

ABC rappelle toutefois que ces efforts ne sont pas nouveaux dans le monde de la culture espagnole. Le ministre avait déjà salué le travail mené par le musée Thyssen autour de ces questions. Et les musées de l’Anthropologie et de l’Amérique ont déjà adopté la dénomination “Abya Yala”, utilisée par les populations autochtones d’Amérique, pour qualifier le continent, et apporté des modifications au niveau des cartels et des politiques sur les restes humains pour être plus respectueux des peuples qu’ils mettent en avant.

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