Le gouvernement britannique promet de «réparer les torts» subis par les migrants des Caraïbes

Le gouvernement britannique a promis ce lundi, journée d'hommage à la « génération Windrush », de « réparer les torts » subis par les migrants issus des anciennes colonies caribéennes, en pleine remise en question du passé colonial dans la foulée du mouvement « Black Lives Matter ».

Le 22 juin 1948, plusieurs centaines de migrants originaires des Caraïbes, principalement de Jamaïque, mais aussi des Bermudes ou de Guyane britannique, débarquaient du navire « Empire Windrush » au port de Tilbury, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Londres.

Le Windrush allait donner son nom à une génération d'immigrés arrivés au Royaume-Uni pour participer à la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale.

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Une journée commémorative a été instituée, il y a deux ans, après un scandale sur le traitement de certains de ces émigrés, censés être britanniques mais à qui l'on demandait de prouver chaque année de présence au Royaume-Uni sous peine d'expulsion.

Groupe de travail

À l'occasion des 72 ans de l'arrivée de l'« Empire Windrush », la ministre de l'Intérieur, Priti Patel, a annoncé la création d'un groupe de travail pour « réparer les torts vécus par la génération Windrush » et trouver des solutions aux problèmes « affectant de manière disproportionnée les personnes noires ou issues de minorités ethniques ».

Cette commémoration intervient cette année en pleine vague de mobilisation provoquée par la mort de l'Américain noir George Floyd, asphyxié par un policier blanc à Minneapolis. Plusieurs manifestations liées au mouvement « Black Lives Matter » ont été organisées ces dernières semaines à Londres et dans plusieurs villes du Royaume-Uni et certaines statues symbolisant le passé colonial du pays ont été prises pour cible.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a appelé lundi à mettre fin à l' « environnement hostile » auxquels sont confrontés les immigrés.

« De nombreux membres de la génération Windrush et leurs familles ont encore du mal à accéder aux conseils et au soutien dont ils ont besoin », a déclaré l'élu travailliste, critiquant aussi le « coût prohibitif » des démarches de régularisation.

(Avec AFP)