«Le gourou» et le projet d’attentat du 17 novembre

Timothée Boutry, Jean-Michel Décugis et Jérémie Pham-Lê
Les suspects voulaient profiter du désordre engendré par les Gilets jaunes pour commettre un attentat le 17 novembre. (Illustration)

Les policiers s’interrogent sur le rôle de Kevin B., déjà condamné pour terrorisme. Lui et les trois suspects nient tout projet d’attentat lors du mouvement des Gilets jaunes.

A-t-on échappé au pire le 17 novembre ? Ou s’agissait-il de conversations mal interprétées ? Depuis samedi, quatre hommes âgés de 23 à 52 ans sont mis en examen pour « association de malfaiteurs terroristes criminelle » et écroués. L’un d’eux était déjà détenu. Une qualification particulièrement lourde à la mesure des charges qui, à ce stade, ont été retenues contre eux par la justice : un projet d’attentat.

« Les modalités du passage à l’acte restent imprécises », explique une source policière. Quant à la défense, elle conteste avec véhémence toute dimension terroriste à cette affaire qui ne relèverait, selon elle, que du droit commun : un banal projet de braquage. Et si la date du 17 novembre était envisagée, il s’agissait, selon un mis en cause, de profiter du désordre engendré par les Gilets jaunes, mais pas de viser les manifestants. Un fusil de chasse a été retrouvé en perquisition.

L’un des suspects est déjà connu des services de l’antiterrorisme. Kevin B., 25 ans, a été condamné en mai 2017 à six ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir voulu rejoindre les rangs de Daech en Syrie en 2015 avec deux jeunes complices en passant par la Bulgarie. Incarcéré au centre pénitentiaire d’Uzerche (Corrèze), ce détenu aux convictions djihadistes enracinées conversait avec un téléphone portable depuis sa cellule avec deux frères âgés de 23 et 35 ans domiciliés à Saint-Etienne (Loire), ville dont il est originaire.

 

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Kevin B., le détenu mis en examen dans le projet d’attentat du 17 novembre/DR

 

« Sa va saigné le 17 !!! »

Selon une source policière, il est décrit comme « le gourou » du groupe. « Il est certes prosélyte et on ne peut pas nier la radicalité de ses propos. Mais il n’a pas encouragé ses interlocuteurs à participer à un quelconque projet, objecte son avocate Me Louise (...)

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