Google sanctionné d'une amende en France pour des pratiques anticoncurrentielles

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L'Autorité française de la concurrence a infligé à Google, lundi, une amende de 220 millions d'euros pour des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la publicité en ligne. Le géant américain du Net a décidé de ne pas contester la décision.

C'est un montant presque dérisoire pour la machine à profits qu'est Google. Mais l'amende de 220 millions d'euros infligée, lundi 7 septembre, au géant de l'Internet par l'Autorité de la concurrence n'en est pas moins sans précédent.

"Cette affaire a une dimension historique. C'est la première au monde qui se penche sur les processus algorithmiques complexes au cœur de l'affichage de la publicité en ligne", a affirmé Isabelle de Silva, directrice du gendarme français de la concurrence.

Jusqu'alors, les sanctions – que ce soit en France ou au niveau européen – portaient surtout sur les pratiques anticoncurrentielles de Google au sein de son propre écosystème (placement des publicités sur son moteur de recherche, abus de position dominante dans le secteur des smartphones).

Cette fois-ci, le groupe californien est épinglé pour la manière dont il aurait faussé les règles du jeu pour le placement des publicités sur tous les sites internet et applications mobiles. L'Autorité de la concurrence a conclu que Google a utilisé sa position dominante dans la publicité en ligne pour favoriser ses propres services au détriment des autres plateformes d'enchères publicitaires.

"C'est d’autant plus vital que les pratiques mises en place par Google pour favoriser ses propres technologies publicitaires ont affecté les groupes de presse, alors même que leur modèle économique est fortement dépendant des revenus publicitaires. Ce sont des pratiques graves et elles ont été sanctionnées à juste titre", s'est réjoui Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie.

Google a proposé des changements

L'analyse du gendarme français démontre que les deux principaux outils de Google pour les annonceurs et les vendeurs d'espaces publicitaires (comme les sites de presse par exemple) – Doubleclick for publishers et AdExchange – fonctionnaient de telle manière que les autres services concurrents n'avaient pas accès aux mêmes données et ne pouvaient pas offrir des prix concurrentiels.

Ces pratiques ont "limité l’attractivité" des solutions alternatives auprès des annonceurs et des éditeurs, a déploré l'Autorité de la concurrence. Elle a "constaté que plusieurs concurrents de Google ont connu des difficultés [financières] significatives pendant la période des pratiques, tandis que Google bénéficiait d’une forte croissance de son activité et de ses revenus".

Fait rare : le géant américain "n'a pas contesté les faits", s'est réjoui le gendarme français. Il ne devrait donc pas y avoir de longue bataille judiciaire pour l'éventuel paiement de l'amende. Mieux : Google a proposé des engagements visant à résoudre les problèmes mis en évidence par l'enquête française.

Le groupe a, notamment, suggéré des changements pour permettre à ses concurrents d'avoir un meilleur accès "à l'information sur le déroulement des enchères [publicitaires]" et pour ouvrir davantage ses outils aux autres services similaires.

Ces "engagements sont de nature à favoriser le retour à la conformité pour Google et à améliorer le fonctionnement concurrentiel du marché", a reconnu l'Autorité de la concurrence. Surtout, ce sont des modifications des pratiques de Google qui devraient avoir un impact dans le monde entier.

Avec AFP et Reuters

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