Golden Globes: Avec "The Power of the Dog", Jane Campion marque encore l'histoire du cinéma

·3 min de lecture
Jane Campion, ici au mois de septembre 2021 à Venise, après avoir reçu le Lion d'argent de la Mostra pour
Jane Campion, ici au mois de septembre 2021 à Venise, après avoir reçu le Lion d'argent de la Mostra pour

CINÉMA - Une victoire de plus pour Jane Campion. Ce dimanche 9 janvier, la cinéaste néo-zélandaise (Top of the Lake, Bright Star) a enjambé de nouvelles frontières en remportant à l’issue de la 79e cérémonie des Golden Globes le prix de la meilleure réalisatrice pour son dernier film, The Power of the Dog.

Elle concourrait, ici, face à Kenneth Branagh (Belfast), Maggie Gyllenhaal (The Lost Daughter), Steven Spielberg (West Side Story) et Denis Villeneuve (Dune). Le drame avec Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst, qui a également été élu meilleur film, est sorti sur Netflix au mois de décembre 2021.

Adaptée du roman éponyme de Thomas Savage (1967), son histoire est celle d’un ranch du Montana au début du XXe siècle, le plus grand de cet État américain. On y suit la vie de leurs propriétaires, deux frères, dont le cours des choses va être bouleversé à l’arrivée de la nouvelle épouse d’un des deux hommes et de son fils, issu d’un précédent mariage.

Furieux de cet emménagement, le beau-frère se met à harceler la nouvelle venue et son enfant, instaurant un climat suffocant et une atmosphère insupportable dans ce lieu perdu au milieu des paysages déserts.

Changer “cette” masculinité

“C’est le portrait d’une époque, et quelques femmes pourraient être légèrement frustrées par le personnage de Rose, mais à cette époque beaucoup de femmes n’avaient pas tant de choix”, concède à l’AFP Jane Campion, qui met en scène pour la première fois un panel de rôles masculins.

“Le film parle de masculinité toxique, a-t-elle précisé au Guardian. Essayer de la comprendre et de la reconnaître, c’est la seule façon de changer cette masculinité. Vous ne pouvez pas simplement vous y opposer, cela reviendrait à mettre de l’huile sur le feu. Vous devez comprendre pourquoi ces hommes causent des dommages aux autres et à eux-mêmes.”

Connue notamment pour son regard féministe et ses personnages féminins complexes, Jane Campion succède ainsi à Chloé Zhao qui, l’an passé, a remporté le titre de la meilleure réalisatrice aux Golden Globes pour son long-métrage Nomadland. Elles sont, aux côtés de Barbra Streisand avec son film Yentl (1983), les trois uniques femmes à avoir décroché la précieuse statuette.

Une Palme d’or qui “a changé beaucoup de choses”

César du meilleur film étranger, Oscar du meilleur scénario, Grand Prix du jury à Venise... Des distinctions, Jane Campion en a eu. L’une d’entre elles a, elle aussi, marqué l’histoire du cinéma. C’est la Palme d’or. La réalisatrice de 67 ans l’a reçue en 1993 pour son adaptation du roman de Jane Mander,La Leçon de piano.

Ça a été “comme recevoir une couronne”, a-t-elle soufflé, en 2019, dans le podcast L’empreinte de la Palme d’or. Elle dit “ne pas avoir réalisé tout de suite [qu’elle] la porterait si longtemps et qu’elle aurait un effet durant toute [sa] carrière”. ”Être la première femme distinguée a changé beaucoup de choses”, constate celle qui, en 2021, a vu la Française Julia Ducournau recevoir la même prestigieuse récompense, grâce à Titane.

À la tête du jury du Festival de Cannes en 2014, Jane Campion avait, dès la première conférence de presse, donné le ton de sa présidence. “Sur 1800 films soumis au jury, seulement 7% ont été réalisés par des femmes”, a-t-elle dénoncé, avant d’ajouter dans une interview accordée au Guardian que “les hommes ont trop souvent tendance à se faire confiance entre eux”. D’après elle, “il y aurait beaucoup plus d’histoires dans le monde si les femmes faisaient davantage de films”.

À voir également sur Le HuffPost: Aux Golden Globes l’absence de noirs parmi les votants fait réagir

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI...

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles