Godard et « Le mépris », Truffaut et « Les 400 coups »… C’était ça la Nouvelle Vague

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Brigitte Bardot, héroïne du film « Le Mépris » de Jean-Luc Godard sorti en 1963

CINÉMA - La Nouvelle Vague à bout de souffle. Avec la mort de Jean-Luc Godard à l’âge de 91 ans, survenue par suicide assisté ce mardi 13 septembre, ce mouvement culte du cinéma français perd son dernier représentant emblématique. Aux côtés de François Truffaut, Agnès Varda ou Jacques Demy, le réalisateur de Pierrot le fou a donné un coup de pied dans les fondements du cinéma d’après-guerre.

Critique aux Cahiers du cinéma qui rêvait de devenir réalisateur, Jean-Luc Godard est parmi les figures tutélaires d’une génération de cinéastes décidée à révolutionner la façon d’écrire et de tourner des films à la fin des années 1950. L’esthétique de leurs films est spontanée et créative, les personnages de leurs histoires sont des jeunes ordinaires, souvent oisifs, un peu frondeurs et le propos est parfois provocant — très loin des classiques académiques de leurs prédécesseurs d’après-guerre.

C’est la journaliste de L’Express Françoise Giroud qui utilise pour la première fois l’expression « Nouvelle Vague » en octobre 1957, avant qu’elle ne devienne le nom de ce mouvement dans lequel se retrouvent le franco-suisse Jean-Luc Godard donc, mais aussi François Truffaut, Éric Rohmer, Claude Chabrol, Jacques Rivette, Alain Resnais, Louis Malle, Agnès Varda et Jacques Demy jusqu’à la fin des années 1960.

Pour se (re)plonger dans cette Nouvelle Vague qui perd avec Jean-Luc Godard son dernier monstre, voici une sélection de 5 films disponibles en ligne, à la télévision ou au cinéma :

Le Mépris de Jean-Luc Godard

Adapté du roman de l’Italien Alberto Moravia et tourné dans les mythiques studios de Cinecitta à Rome, Le Mépris est un « film sur un film » porté par Michel Piccoli et Brigitte Bardot - qui contient notamment la fameuse séquence devenue culte « Tu les aimes, mes fesses… Mes seins… Mes pieds… ? ».

«  Si le phénomène Bardot doit représenter plus tard quelque chose dans l’histoire du cinéma, au même titre que Garbo ou Dietrich, c’est dans Le Mépris qu’on le trouvera  », écrit à l’époque le célèbre critique Jean-François Bory.

Le Mépris de Jean-Luc Godard (1h45) est diffusé ce mercredi 14 septembre à 20h55 sur Arte. Il est aussi disponible en streaming sur MyCanal ou sur la Cinetek.

Les Quatre cents coups de François Truffaut

Les Quatre cents coups est le premier long-métrage de François Truffaut et celui qui le révèle au public en 1959. Il y fait jouer Jean-Pierre Léaud dans le rôle d’Antoine Doinel, jeune adolescent passionné de littérature et mis à la porte du domicile familial, qui enchaîne vols et petits larcins.

Triomphe au festival de Cannes l’année de sa sortie, le film - directement inspiré des souvenirs d’enfance de François Truffaut - sera aussi un succès en salles.

Les Quatre cents coups de François Truffaut (1h40) est disponible en streaming sur Mk2 Curiosity ou sur la Cinetek.

Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda

Cinéaste féministe «  révoltée et radicale  », Agnès Varda est l’une des seules femmes parmi les figures de la Nouvelle vague. Avec son film Cléo de 5 à 7 en 1962, elle raconte deux heures de la vie d’une chanteuse jouée par Corinne Marchand qui, en attendant d’avoir des résultats médicaux qu’elle pense forcément inquiétants, erre dans Paris au gré de ses rencontres.

Ce «  chef-d’œuvre sublime de la Nouvelle Vague par Varda, a sur apporter une perspective féminine nécessaire sur les rues de Paris, trop souvent filmées d’un point de vue masculin  », décrit la plateforme Mubi.

Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda (1h30) est disponible en streaming sur Mubi ou sur la Cinetek.

Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer

«  Jean-Louis, un ingénieur d’une trentaine d’années, fervent catholique, s’installe à Clermont-Ferrand après un séjour à l’étranger. Dans une église, il remarque Françoise, une jeune fille blonde, et décide dès lors qu’elle sera sa femme. Peu après, il rencontre un ami d’enfance qui l’emmène dîner chez Maud...  » : voilà pour le pitch de cette comédie dramatique portée par Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian.

Le long-métrage sorti en 1969 est le troisième volet des Six contes moraux d’Eric Rohmer tournant autour des thèmes du libre arbitre, de l’amour et de la tentation.

Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer (1h46) est disponible en streaming sur MyCanal ou sur la Cinetek.

La Maman et la putain de Jean Eustache

La Maman et la putain c’est l’histoire d’un ménage à trois entre l’oisif Alexandre avec Marie, femme plus âgée que lui et bien installée dans la vie qui entretient gracieusement son amant, et Veronika, jeune soignante qui aime sortir tard le soir et rencontrer des hommes. Évidemment chacune le veut pour elle seule et l’indécision d’Alexandre rend la situation de plus en plus compliquée au fil du temps.

Classique du cinéma français long de 3h40 et sortie en 1973, la réalisation de Jean Eustache est pour certains le « film conclusif » du mouvement de la Nouvelle Vague.

La Maman et la putain de Jean Eustache, dans une version restaurée, est diffusé dans certaines salles de cinéma.

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