La goélette Tara à la découverte des secrets de l'iceberg Tasmania

Marin Le Roux / Polaryse / fondation Tara océan

Après un périple de deux ans, la goélette scientifique Tara est revenue à Lorient, son port d'attache. Cela a été l'occasion de revenir sur un moment fort de l'expédition : l'approche à quelques dizaines de mètres d'un monumental iceberg, en vue de découvrir comment il contribue à enrichir les eaux de l'océan Austral.

D'une hauteur de 22 mètres au-dessus de l’eau, long de 35 km pour une superficie de 0.6 km², l’iceberg tabulaire Tasmania paraît immense depuis le pont de la goélette scientifique Tara. Sa quille plonge à 500 mètres sous l’eau. S’en approcher au plus près était un véritable défi de navigation, à l'ombre de la catastrophe du Titanic. Ce défi a été néanmoins relevé en janvier 2022 lors de la mission "Tara Microbiome" en Antarctique. "Nous avons eu beaucoup de chance ce jour-là", raconte Romain Troublé, directeur de la fondation Tara Océan, à l’occasion du retour du voilier à Lorient, le 15 octobre 2022. Lors de la navigation en mer de Weddell, nous avons connu jusqu’à 75 nœuds de vent et 10 mètres de creux en mer. La goélette Tara est un incroyable bateau qui se sent bien dans ce milieu ! Mais lors de l’approche de trois jours de l’iceberg, nous avons bénéficié d’une mer d’huile, une situation imprévisible dans cette région !". Cela a permis de positionner le bateau à quelques dizaines de mètres de l’iceberg pour effectuer des mesures régulières ensuite jusqu’à 2 km de distance !

"La géo-ingénierie n’est pas une solution et peut se révéler dangereuse"

L’objectif de Chris Bowler, directeur de laboratoire à l'Institut de Biologie de l’École normale supérieure, était de mesurer l’influence de cet iceberg sur la chimie des eaux avoisinantes et notamment son apport en minéraux et autres nutriments. Les eaux de l’océan Austral sont en effet pauvres en fer, un élément pourtant indispensable au développement du phytoplancton, premier maillon de la chaîne alimentaire. Si l’on sait que le fer alimente l’éclosion du phytoplancton, nous savons aujourd'hui que nous ne maîtrisons pas du tout le phénomène : les récents essais de fertilisation en fer de l’océan ont eu en effet pour conséquence le relargage dans l'atmosphère de quantités incontrôlées de méthane, un puissant gaz à effet de serre ! "La géo-ingénierie n’est pas une solution et peut se révéler dangereuse, puisqu’on ne ma[...]

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