Glucksmann en terre RN pour dénoncer l'extrême droite européenne

La tête de liste socialiste pour les élections européennes Raphaël Glucksmann en meeting à Perpignan, le 18 mai 2024 (Jean-Christophe MILHET)
La tête de liste socialiste pour les élections européennes Raphaël Glucksmann en meeting à Perpignan, le 18 mai 2024 (Jean-Christophe MILHET)

La tête de liste socialiste pour les élections européennes Raphaël Glucksmann a tenu samedi meeting à Perpignan, ville tenue par le Rassemblement national (RN), appelant à en faire "la capitale de la résistance à l'extrême droite en Europe".

Il était "fondamental pour nous, pour moi personnellement, de venir ici à Perpignan pour vous dire juste une chose: vous n'êtes pas seuls. Le Rassemblement national a voulu faire de Perpignan sa capitale, nous devons faire de Perpignan la capitale de la résistance à l'extrême droite en Europe", a lancé M. Glucksmann, devant environ 2 à 300 personnes réunies devant le Castillet, monument emblématique au coeur de la cité catalane.

Le candidat a dénoncé la "tartufferie" des dirigeants de l'extrême droite européenne qui "se disent patriotes, disent qu'ils défendent les intérêts des Européens et (...) dans les institutions, votent contre tout ce qui permet de défendre les Français et les Européens".

A l'occasion de son passage à Perpignan, M. Glucksmann a rencontré l'écrivain italien Antonio Scurati, venu y recevoir le prix Mare Nostrum, récompensant des oeuvres littéraires du monde méditerranéen, pour le troisième volet de sa fresque "M" sur l'ascension et le règne de Benito Mussolini en Italie.

Fin avril, la lecture d'un texte de l'écrivain dénonçant l'incapacité du gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni à "renier dans son ensemble l'expérience fasciste", prévue par la RAI, la télévision publique italienne, avait été annulée au dernier moment. Cette annulation avait suscité une avalanche de critiques et des accusations de censure à l'égard du gouvernement.

Interrogé par l'AFP en marge de ce prix, l'écrivain a estimé que "toutes les sensibilités démocratiques, de gauche, du centre ou de la droite devaient considérer l'élection européenne comme un moment fondamental".

L'avenir de la démocratie dans chacun des pays de l'Union se joue à une échelle européenne et, estime l'intellectuel, "si la grande idée des pères fondateurs d'une fédération d'Etats européens créant une nouvelle entité politique recule, alors dans chaque pays, la démocratie continuera à se délabrer, à décliner", comme "c'est déjà le cas en Italie".

Une victoire des partis d'extrême droite aux européennes ne conduira pas à la suppression de la démocratie, mais "à un affaiblissement, à une détérioration qualitative de la vie démocratique", dit M. Scurati pour qui Mme Meloni, en dépit d'un discours moins radical depuis son arrivée au pouvoir, reste fondamentalement anti-européenne.

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