Gilets jaunes ou police : au Rassemblement national, l’opportunisme d’abord

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Le parti lepéniste, très attaché à l’ordre, tente de soutenir à la fois les forces de l’ordre et les manifestants, deux réservoirs de voix importants à la veille des europénnes. Une tactique qui paye dans les sondages.

Il «condamne» les violences, mais… le Rassemblement national (RN) considère que«le seul responsable de la situation, c’est le gouvernement». Marine Le Pen l’a redit, mercredi, au micro de Radio classique : s’il y a eu des exactions lors des manifestations des gilets jaunes, plusieurs samedis de suite, le «coupable» en est l’exécutif : «C’est lui qui est en réalité l’auteur du désordre.»

Les scènes de chaos lors des dernières manifestations, l’ancien boxeur Christophe Dettinger frappant un gendarme mobile, des manifestants s’introduisant de force dans le ministère de Benjamin Griveaux ? Pour la dirigeante du Rassemblement national, qui lance dimanche à Paris la campagne du parti d’extrême droite pour les européennes, il s’agit d’un «piège qui a été lancé par le gouvernement». La députée du Pas-de-Calais, qui «condamne» quand même «les exactions comme [le font] la majorité des gilets jaunes», estime qu’Emmanuel Macron aurait commis «un certain nombre de provocations, qui ont servi à hystériser le débat».

L’avis a de quoi surprendre, dans un parti historiquement attaché à l’«ordre» et dont les militants sont d’habitude plus enclins à supporter les policiers que les anarchistes. «C’est une stratégie pour récupérer les voix des gens qui considèrent qu’il y a une sorte de volonté du gouvernement d’envenimer les choses, en refusant toute forme de dialogue qui permettrait de résoudre la situation», explique le politologue Jean-Yves Camus.

Dos à dos. Le Pen dit en effet que «comme [le Président] ne veut pas être en première ligne, il met les policiers en première ligne. Et le piège est terrible : il consiste à jeter les policiers contre les gilets jaunes, à jeter de l’huile sur le feu». Puis elle ajoute : «Le problème, c’est que ce sont des Français d’un côté (...)

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