«Gilets jaunes» et marches pour le climat: même combat?

Sugy, Paul
«Cette forme d’écologie populaire, ou d’écologie sociale, se construit donc par les deux bouts, et par les deux mouvements!» / BORIS HORVAT/AFP

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le chercheur Maxime Gaborit remarque que malgré les idées reçues, les «gilets jaunes» se sont emparés des préoccupations environementales, tout en remettant en cause une «écologie des élites».

Maxime Gaborit est doctorant en science politique à l’Université Saint-Louis à Bruxelles. Diplômé de théorie politique et de philosophie contemporaine à l’EHESS, il étudie les mouvements pour le climat.

FIGAROVOX.- En observant qu’il y a eu çà et là des appels à une convergence des luttes entre «gilets jaunes» et manifestants pour le climat, vous concluez que ce mouvement social pourtant fondé sur une contestation de la taxe carbone pourrait porter les germes d’une «écologie populaire». N’est-ce pas paradoxal?

Maxime GABORIT.- Les germes de cette «écologie populaire» ne sont pas à trouver uniquement dans les appels à convergence, qui sont effectivement localisés. Si des formes d’écologie populaire peuvent émerger, c’est principalement du fait des influences mutuelles qui se sont imposées entre ces deux mouvements, et qui nécessitent de prendre au sérieux les deux mouvements non pas comme des entités statiques, mais dynamiques.

Plusieurs éléments ont conduit les gilets jaunes à témoigner de formes de pratiques écologiques. C’est d’abord le cas avec l’évolution de la sociologie des ronds-points, sur lesquels des militants de gauche sont arrivés progressivement. On peut aussi mentionner le fait d’avoir été accusé d’anti-écologistes, au début du mouvement, à la fois par certains médias mais aussi par certaines forces qui se réclament de l’écologie. Mais il y a également la forte popularité et la forte médiatisation des manifestations pour le climat. Lorsque vous êtes accusés d’être contre l’écologie, et que cette cause devient si centrale dans l’opinion, votre première réaction est de défendre votre comportement comme écologique: chez les gilets jaunes, cela s’est traduit par à la fois la construction d’un nouveau discours (opposant l’«écologie des (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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