Gilets jaunes «Faut bien qu’on se défende»

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Ils ne soutiennent pas les «casseurs» mais ne sont pas surpris par l’escalade, verbale et physique, du mouvement. Si la plupart des manifestants rencontrés cette semaine par «Libération» se veulent pacifiques, ils pointent aussi du doigt une stratégie plus que musclée des forces de l’ordre.

«Un chien, quand il a faim, il finit par mordre», lâche Marc, désabusé. Ce gilet jaune de Senlis, ancien ouvrier de la métallurgie, n’a pas participé aux deux dernières manifestations à Paris. Il n’a pas vu les «casseurs» s’en prendre aux forces de police, il n’a pas érigé de barricade dans les rues de la capitale, il n’a pas suffoqué dans une atmosphère chargée de gaz lacrymogènes. Lui est resté dans l’Oise, où il s’est borné à «tenir» le rond-point de l’autoroute A1 : ambiance bon enfant, klaxons de soutien des automobilistes et des chauffeurs de poids-lourds, braseros autour desquels on refait le monde.

Pourtant, Marc n’est pas surpris par les accès de violence qui émaillent la mobilisation des gilets jaunes depuis trois semaines. Comme beaucoup, il a vu les images des Champs-Elysées tourner en boucle sur les chaînes d’information en continu. Il a aussi entendu le récit de ses camarades partis manifester à Paris, dont l’une a d’ailleurs été blessée par un jet de projectile. Comme lui, la plupart des gilets jaunes ont fait le constat de cette tension grandissante. Sur les groupes Facebook qui structurent le mouvement, par exemple. Quelques minutes de lecture suffisent à mesurer l’ampleur du ressentiment et de l’escalade verbale. Principale cible des attaques, Emmanuel Macron est qualifié, pêle-mêle, de «Micron Ier», «Macaron» ou «Macrotte». Son épouse est attaquée plus violemment encore, tandis que tous les ministres sont qualifiés de «sbires».

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L’iconographie révolutionnaire ne manque pas, avec de nombreux photomontages montrant le président de la République passant sous la guillotine. Ces publications, parfois partagées des milliers de fois, appellent (...)

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