"Gilets jaunes" : "La crainte des fonctionnaires de police, c'est de se demander s'ils vont rentrer chez eux le soir", témoigne un CRS

Delphine Gotchaux, franceinfo
Jessy Castane sera déployé pour sécuriser "l'acte 4" de la mobilisation des "gilets jaunes", samedi. Il redoute un climat encore plus violent que pour la dernière manifestation.

Cela fait plus de trois semaines maintenant que les forces de l'ordre sont mobilisées et souvent prises pour cible : 89 000 hommes déployés à travers tout le territoire s'apprêtent à vivre avec appréhension "l'acte 4" du mouvement des "gilets jaunes" samedi 8 décembre. Parmi elles, Jessy Castane, délégué Unsa-Police, et ses collègues de la CRS 44, basée dans l'Yonne. Ils seront de nouveau à Paris pour assurer le maintien de l'ordre, dans un climat qu'ils redoutent violent, peut-être plus que celui de samedi dernier.

Des citoyens "lambda" tombés dans la violence

Pourtant Jessy Castane a vécu des dizaines de manifestations violentes, en 20 ans de carrière : les émeutes urbaines de 2005, les manifestations contre le CPE, celles plus récentes contre la loi Travail, mais ce chef d'escadron n'avait jamais passé une journée comme celle de samedi dernier autour de l'Arc de Triomphe : tirs de feux d'artifice à 20 mètres, boules de pétanque, lances improvisées avec des pointes de grille descellées, jets de pavé, de marteaux, et tout ça pendant plus de neuf heures, par des militants de l'ultra droite et de l'ultra gauche, mais pas seulement : "Voir des citoyens 'lambda' tomber dans cette violence, je ne l'avais jamais vu", témoigne le CRS. "Ils ont atteint un niveau de violence au point d'enflammer des bâtiments où se trouvaient des civils", poursuit-il.

Là, on est montés d'un cran, on a atteint une telle (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi