Gilets jaunes : cacophonie au sommet de l’État

Valérie Hacot et Pauline Théveniaud
La gestion de la crise des Gilets jaunes provoque des tensions entre l’Elysée et Matignon

Pour tenter de trouver une sortie de la crise, l’exécutif multiplie les annonces, ce qui a amené le président à corriger son Premier ministre.

« Faut bien reconnaître qu’on est quand même moins bon qu’on a pu l’être… » Cet aveu, en forme de (petit) mea-culpa, d’un conseiller, en dit long sur le climat qui règne dans les cabinets ministériels. Déstabilisé par la crise des Gilets jaunes, l’exécutif tâtonne. « Y’a de l’inquiétude, on navigue à vue, on se sent un peu démuni », se désole un conseiller. Tandis qu’un autre renchérit : « Tout le monde se prend la violence du truc en pleine poire, on est crevé et ça donne forcément des conneries ».

Comme durant la journée de mercredi, où les couacs se sont multipliés. Messages contradictoires sur l’ISF - Marlène Schiappa ouvre la porte au retour de cet impôt avant de se faire recadrer par l’Elysée - et le Premier ministre qui annonce à l’Assemblée l’éventualité de la disparition de la taxe carbone à l’issue de la concertation. Avant que le Château ne corrige le tir, en la supprimant purement et simplement. De quoi sacrément brouiller le message.

« Philippe et Macron disent pourtant la même chose. C’est juste que l’un explique la tuyauterie, l’autre va droit au but », minore la députée LREM Marie Guévenoux. « L’annulation avait été validée avant la séance à l’Assemblée par le président et le Premier ministre. Ils ont toujours été sur la même ligne », martèle Matignon, tandis que l’Elysée faisait valoir que la décision avait été prise « de concert » par les deux têtes de l’exécutif.

Des fritures sur la ligne entre l’Elysée et Matignon

Les tensions existent pourtant bien et l’épisode, qui illustre les fritures sur la ligne entre l’Elysée et Matignon, risque tout de même de laisser des traces. En fragilisant davantage un Premier ministre en première ligne : « Les annonces approximatives, très techniques, la gestion tiédasse du gouvernement, ça ne marche pas auprès de l’opinion », balance un député de la majorité.

Pour l’heure, les (...) Lire la suite sur LeParisien.fr

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