Gilets jaunes: à Paris, Toulouse et Strasbourg, un appel à la manifestation peu suivi

Plusieurs centaines de gilets jaunes se sont mobilisés ce samedi à Paris, Toulouse, Strasbourg ou Mulhouse, contre la réforme des retraites, l'inflation et la hausse du coût de l'énergie.

De l'aveu même de certains manifestants, la mobilisation des gilets jaunes était "plutôt faible" ce samedi. Selon notre reporter présent dans le cortège parisien, environ 500 personnes étaient présentes dans les rues de la capitale. Le dernier défilé des Gilets jaunes, le 19 novembre, avait rassemblé 680 contestataires à Paris, selon la préfecture de police.

Les manifestants, partis de la place Breteuil (7e arrondissement), aux environ de 14h45, pour rejoindre la place du bataillon du Pacifique (10e arrondissement), avaient plus revendications à défendre, comme leur opposition à la réforme des retraites, et souhaitant rappeler l'importance de l'inflation et du coût de l'énergie.

Parmi les politiques présents dans ce cortège, encadrés par plusieurs centaines de gendarmes et de CRS, se trouvaient notamment les députés LFI Antoine Léaument et Thomas Portes.

Les organisateurs parlaient cependant d'un engouement particulier en amont du 7 janvier. "Je pense qu'il y aura du monde en raison du déni démocratique, de l'inflation, des factures. C'est la merde socialement", expliquait l'un des organisateurs à BFMTV, précisant qu'une dizaine de ronds points tenus à travers la France dans le passé se sont "réactivés" dernièrement en vue de cette manifestation.

L'organisateur expliquait que la manifestation s'inscrit dans la logique de celles qui se tiennent depuis un an.

Se structurer différemment ?

Du côté de Toulouse, mêmes observations, selon un journaliste de La Dépêche présent sur place, "les retrouvailles n'ont pas atteint les sommets espérés". Les gilets jaunes n'étaient pas d'une centaine rassemblée sur les allées Jean-Jaurès, selon les manifestants, 70 pour la police nationale.

À Strasbourg et Mulhouse, ils étaient respectivement environ 200 et 150, selon France 3 Grand Est. Selon les personnes présentes, il ne s'agit que d'un "début". Ces dernières sont persuadées que le mouvement va reprendre avec pour objectif de réinvestir les ronds-points comme en 2018.

Mais selon Sylvain Boulouque, historien spécialiste du syndicalisme et des mouvements sociaux, "cela n'imprime plus".

"Plus qu'un essoufflement c'est une très faible mobilisation qui ressemble quelques noyaux militants. Ce qui n'est pas surprenant car un mouvement social apparaît spontanément, le maintenir sous une forme identique souvent aboutit à un échec pour les personnes qui cherchent à le maintenir. Ils auraient peut-être fallu qu'ils se structurent différemment.

Si la mobilisation ne semble pas avoir rassemblé autant de monde qu'espéré, celle du 21 janvier, intitulée "marche pour nos retraites" et organisée par LFI, est vue comme le point d'orgue de la reprise du mouvement.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Inflation et réforme des retraites : les Gilets jaunes peuvent-ils remobiliser?