Gilets sur le feu

Libération.fr

Le neuvième samedi de mobilisation des gilets jaunes s’annonce tendu après une semaine marquée par la question de la violence et le tour de vis sécuritaire annoncé par le Premier ministre. Un tournant pour les manifestants comme pour l’exécutif.

Mouvement diminué mais radicalisé ou sursaut populaire ? Alors qu’un neuvième acte de la mobilisation des gilets jaunes doit se tenir ce samedi, à quelques jours de l’ouverture, mardi, du grand débat national, la question de la violence a largement pris le pas cette semaine sur les revendications sociales ou institutionnelles du mouvement. Violence contre les manifestants (lire page 8), violence contre les forces de l’ordre et violence contre les élus de la majorité (lire pages 4 et 5).

Deux «boxeurs»

Samedi dernier, l’acte VIII, avec 50 000 personnes mobilisées à travers le pays selon l’Intérieur, a témoigné d’une forme de réveil du mouvement après les fêtes de fin d’année. Mais la journée a d’abord marqué les esprits par l’intrusion dont fut victime le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, en son ministère. Et, plus encore, par les agissements de deux «boxeurs». Le vrai - quoique retraité des rings -, Christophe Dettinger, qui a spectaculairement molesté des gendarmes à Paris ; et le faux, commandant de police de son état, qui n’a pas été en reste contre des manifestants à Toulon. Le premier dort en prison en attendant son procès. Le second n’est pour l’heure visé que par une enquête de l’IGPN et la plainte d’une manifestante, le procureur ayant écarté de se saisir des faits. De quoi nourrir, sur les pages Facebook des gilets jaunes comme dans la bouche de nombreux responsables des oppositions, le refrain d’un deux poids deux mesures.

La polémique s’est ensuite déplacée sur le terrain de la cagnotte lancée en soutien à Christophe Dettinger (lire page 18). Celle-ci a cumulé près de 120 000 euros avant d’être stoppée par le site de cagnottes en ligne Leetchi sur fond de pression du pouvoir. Dans la foulée, le (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Stop ou encore ?
«L’idée que seule la violence paye est très présente»
Gilets jaunes ou police : au Rassemblement national, l’opportunisme d’abord
Michel Delpuech : la «PP» fait de la résistance
Les élus macroniens pris pour cible