"Ghostland", film fantastique français multiprimé mais décevant

Jacky Bornet
Avec trois récompenses au dernier festival du film fantastique de Gérardmer, dont le Grand prix, "Ghostland" de Pascal Laugier fut le grand vainqueur de cette 25e édition où la France présentait quatre longs métrages, ce qui est rare dans ce genre peu prisé par les réalisateurs nationaux. Grand bien soit-il, mais ce film multiprimé suscite pourtant plus d'une réserve.

Métaphore

Pascal Laugier aime le fantastique pour avoir réalisé quatre films relevant du genre, que la production française néglige à l'inverse de l'Espagne par exemple qui régulièrement y excelle. "Ghostland" constitue une belle tentative sur le papier, où deux soeurs ayant subi une agression d'une violence inouïe dans leur jeunesse au côté de leur mère, se retrouvent, adultes, confrontées aux mêmes assaillants. Le cinéaste, qui signe également le scénario, emprunte les voies de l'horreur, plus que celles de l'épouvante, dans un décor gothique en diable, pour au final dresser par métaphore le portrait de deux personnalités en phase post-traumatique.

Si l'approche est originale et louable à plus d'un titre, le traitement l'est moins. Le fantastique contemporain français privilégie la violence et le gore, Laugier lui-même ayant déjà oeuvré dans ce sens avec "Martyrs" avec lequel "Ghostland" a des points communs. Le film est en effet émaillé de nombreuses scènes de violences extrêmes, avec un psychopathe et sa mère qui s'acharnent sur les deux soeurs, suivies alternativement dans leur jeunesse et à l'âge adulte. La mise en scène joue par ailleurs essentiellement sur les effets de surprise et le "gros son" pour faire sursauter le spectateur. Il n'y réussit pas forcément, usant de ce code surexploité dans les films fantastiques au détriment de l'ambiance.

Citations, clichés et fausses pistes

Connaissant ses classiques, Pascal Laugier multiplie les références, surtout à "Massacre à la tronçonneuse" avec un tueur désaxé qui renvoie explicitement au célèbre "Leatherface" (le tueur à la tronçonneuse) du film de Tobe Hooper. D'autres citations émaillent "Ghostland", telles "L'Exorciste" ou "Shining". Si assumer de tels parains ne va pas forcément à l'encontre d'un film, elles sont ici trop appuyées. Tout comme le motif redondant des poupées qui jalonnent par dizaine le film. Une figure clichée du cinéma fantastique pour son caractère ambivalent entre (...)

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