Geudertheim en Alsace se souvient de l’enfant du village, Marie-Georges Picquart, homme-clé de l’affaire Dreyfus

Oublié de l’histoire, le lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart joua un rôle primordial dans l’affaire Dreyfus. C’est lui qui batailla contre sa hiérarchie pour faire rétablir la vérité et permettre la réhabilitation du capitaine Dreyfus accusé à tort de trahison au profit de l’Allemagne. Dans le village où Picquart passa son enfance en Alsace, Michel Knittel collectionne tout ce qu’il trouve sur cet épisode, y compris des objets et documents ayant appartenu au militaire, incarné par Jean Dujardin dans le film J'accuse de Roman Polanski. Des cartons pleins de caricatures, de courriers, de cartes postales et d’objets en tout genre. Cela fait 25 ans que Michel Knittel s’intéresse à l’histoire d’une figure de ce petit village d’Alsace, Marie-Georges Picquart, l’homme qui mit au jour le complot orchestré contre le capitaine Dreyfus. Chef du service de renseignement militaire, pas dreyfusard au début de l’affaire, il allait compromettre sa carrière pour rétablir la vérité et permettre la réhabilitation de Dreyfus.Ministre de la guerre de Clémenceau Marie-Georges Picquart est le personnage central du dénouement de l'affaire Dreyfus. C’est lui qui découvre que les documents accusant Dreyfus sont des faux. Il découvre même l’identité du traître à la place duquel Alfred Dreyfus a été accusé sur de fausses preuves, dégradé et condamné pour intelligence avec l’Allemagne, le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy.

Picquart, antisémite notoire, n’aura alors de cesse de se battre contre sa hiérarchie pour faire éclater la vérité. Éloigné dans un premier temps en Tunisie, il sera ensuite révoqué de l’armée, emprisonné, accusé d’avoir fabriqué les preuves contre Esterhazy. Marie-Georges Picquart sera réhabilité en 1906, en même temps que Dreyfus, puis nommé général de division. Il rejoint alors le premier gouvernement de Georges Clémenceau en tant que Ministre de la Guerre (jusqu’en juillet 1909) mais continuera à traîner cette affaire, cible de critiques et de caricatures dans la presse antisémite. Après sa sortie du gouvernement, le général Picquart devient commandant du 2e corps d’armée à Amiens. Lui qui rêvait de libérer l’Alsace annexée par les Allemands, meurt après une chute de cheval début 1914, quelques mois avant le déclenchement de la Première guerre. Ses cendres, un temps conservées au Père-Lachaise à Paris, furent transférées en 1919 à Strasbourg redevenue française, et déposées au cimetière Saint-Urbain.