«Get Out», ça fait flipper sa race

Libération.fr

Au gré de cette farce horrifique et résolument politique, le novice Jordan Peele plonge un couple mixte dans les relents racistes de l’Amérique post-Obama. Une série B brillante.

On peut vouloir faire dire ce que l’on veut aux films, ils n’en pensent pas moins, savent toujours mieux et plus vite que leurs auteurs de quoi est fait et ce que couve le temps qui les abrite, portant en eux, où qu’on entende les conduire, la prescience de mondes invisibles et à venir. Get Out, premier film écrit et réalisé par Jordan Peele, n’y échappe pas, et contient même l’image de ce feuilleté de consciences, lui qui met en scène (passé quelques fracassantes révélations) des individus qu’une opération de body snatcher a faits les passagers dolents et impuissants de leurs propres corps, paroles et actions. De purs spectateurs dont le libre-arbitre enfoui ne s’affranchirait de ses chaînes que dès lors qu’un éclair de lumière vient percer et raviver leur regard éteint - flash photographique ou, pourquoi pas, faisceau d’un projecteur de cinéma.

Ballets nocturnes

En une année très sombre pour la société américaine et très faste pour son cinéma, on ne s’étonnera donc pas que deux films parmi les plus intensément politiques venus des Etats-Unis ces derniers mois (avec Certain Women de Kelly Reichardt et Billy Lynn d’Ang Lee) soient à la fois des farces et des films d’horreur. Split de M. Night Shyamalan et Get Out sont le fait de la même maison de production (la très florissante Blumhouse) qui, depuis une dizaine d’années et le carton de Paranormal Activity, façonne à peu de frais les séries B intelligentes que les grands studios n’essaient plus de produire. Ecrits et réalisés sous Obama, ils trouvent l’un comme l’autre une résonance tonitruante dans l’Amérique ayant porté Trump au pouvoir. Le premier dépeint au cœur même de ses personnages les lignes de fractures innombrables d’une époque d’extrêmes divisions ; le second, qui a battu des records de rentabilité au box-office (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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