Les “gestes de défi stupéfiants” des Iraniennes après la mort de Mahsa Amini

AFP

“Un phénomène hors du commun secoue l’Iran”, observe The Spectator face aux vidéos montrant des Iraniennes brûler leur hidjab en public et “danser dans la rue en agitant des chevelures libérées de leur voile, sous les encouragements et les vivats des passants”.

L’Iran est secoué par une vague de manifestations depuis la mort de Mahsa Amini, le 16 septembre, après son arrestation par la police des mœurs pour “port de vêtements inappropriés”. Au moins huit personnes sont mortes au cours de ces rassemblements marqués par des affrontements avec la police.

“Ce sont autant de gestes de défi stupéfiants dans cet État théocratique où les femmes sont censées accepter sans broncher, et de bonne grâce, un statut de citoyenne de seconde classe et le port du voile […]. L’heure est grave pour le régime iranien.”

Avant la mort de Mahsa Amini, de nombreuses vidéos circulaient déjà sur les réseaux sociaux, raconte Die Zeit : “[On y voit] une jeune femme traînée au sol, par les cheveux, par une agente de la police des mœurs ; une femme agrippée à une fourgonnette de police, appelant sa fille, pendant que le véhicule démarre.”

“Beaucoup d’Iraniennes se disent qu’elles auraient pu connaître le même sort que Mahsa Amini ; les hommes, que cela aurait pu être leur sœur, leur mère, leur femme.”

L’hebdomadaire allemand retrace la propagation des manifestations depuis la mort de Mahsa, que sa famille appelait par son nom kurde : Dschina, “Vie”. Du cimetière de Saqqez, la ville natale de la jeune femme, située au Kurdistan, à plusieurs universités de Téhéran, à Ispahan, dans le centre du pays, ou encore à Mashhad, dans le Nord-Est.

Une mèche de cheveux peut faire la différence

Si les autorités iraniennes affirment que Mahsa Amini est morte des suites d’une crise cardiaque, “cette fois le mensonge a fait long feu, et la situation semble échapper aux autorités”, décrit La Stampa en Italie. “Il y a des moments dans l’histoire où une mèche de cheveux peut faire toute la différence.” Le quotidien italien rappelle aussi les “témoignages de militantes qui, depuis des années, se révoltent contre ces règles et revendiquent la liberté de sortir dans la rue sans se cacher. Elles ont été arrêtées par milliers, battues, maltraitées, violées.”

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