Georges de La Tour : la Nativité sans ornements

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Léa Simone Allegria, écrivaine et auteure du "Grand Art" (Flammarion), s'arrêtera chaque semaine sur une œuvre qui fascine – pour de bonnes ou de moins bonnes raisons – et façonne l'art. Cette semaine : "Le Nouveau-Né" de Georges de La Tour.

Deux femmes assises l’une près de l’autre veillent un nouveau-né emmailloté dans des langes. Où sont-elles ? Que murmurent-elles ? La femme de gauche semble près de parler. Elle tient à la main une bougie près de la tête de l’enfant, tandis que son autre main dissimule la flamme qui rougeoie dans les contours de sa paume. Il est rare de voir un poupon aux traits si fins, si réalistes, à une époque où l’on donnait aux enfants des visages d’adulte. Le cadrage est serré : on pénètre dans une intimité de chuchotements, un instant fugace dont la seule source de lumière risque de s’éteindre au moindre coup de vent.Les silhouettes tout en rondeur se découpent sur le fond sombre ; le peintre a travaillé ses couleurs en aplats : la facture est lisse, les coups de pinceau sont invisibles. Les visages des deux femmes ne révèlent rien de la scène en train de se jouer – aucune émotion, si ce n’est une grande douceur, magnifiée par une légère simplification des formes. La palette chromatique se limite à des teintes de rouges et d’ocres relevés par du brun et du blanc, selon l’intensité de la flamme."Il fit de la nuit son royaume"Le clair-obscur rappelle instantanément Caravage, et pour cause : depuis sa disparition en 1610, toute l’Europe...

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