Georges Feydeau: «Si vous voulez savoir le fond de ma nature, c'est la paresse!»

Libération.fr
Portrait non daté du dramaturge Georges Feydeau (1862-1921).

Plongée dans les archives de presse de la BNF. Cette semaine : le journaliste Adolphe Brisson décide de se présenter au domicile du célèbre auteur de vaudevilles, qui lui montre le vrai jour de sa personnalité.

Georges Feydeau, après une période difficile, est devenu un auteur de théâtre couru et adulé. Il a enchaîné les réussites avec L'Hôtel du libre échange ou Le Dindon. Et en 1899, La Dame de chez Maxim, sa dernière pièce en trois actes qui se joue au Théâtre des Nouveautés à Paris, est encore un succès. Le critique dramatique Alphonse Brisson se présente chez lui vers midi pour un entretien. A l'inverse de la verve joyeuse de ses pièces, il trouve un homme las et mélancolique, comme il le rapporte dans son article du quotidien Le Temps daté du 1er février 1899.  

 


Inquiet, le journaliste lui demande s'il se porte bien. Georges Feydeau ne semble nullement surpris par la question. «Je me porte à merveille, dit-il. Ne vous étonnez pas si je suis triste. Telle est, en effet, ma disposition habituelle. Je ne ressemble point à mes pièces, que l'on s'accorde à trouver réjouissantes.» Il dit ne jamais rire au théâtre, ni dans la vie privée. Georges Feydeau, le roi du vaudeville, se définit sans détours comme taciturne et sauvage. Alphonse Brisson songe à repartir aussi sec. 

Mais l'écrivain lui raconte son parcours d'auteur de théâtre depuis l'âge de 7 ans. Comment il a failli devenir comédien. Et comment cette forme de liberté qu'était l'écriture de pièces de théâtre a viré à l'esclavage. Il les expédie aujourd'hui en quelques mois, pour être tranquille deux ans et s'adonner à la peinture. Même les explications que cherchait le journaliste sur la manière dont ses pièces sont savamment construites suscitent des réponses inattendues. Georges Feydeau ne prépare pas de canevas et improvise. «Vous n'ignorez pas que le mouvement est la condition essentiel du théâtre et par la suite le principal don du dramaturge...» 

La (...)

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