Georges Fenech : « On est en train de céder devant les charlatans »

Propos recueillis par Mégane Chiecchi
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Georges Fenech dans les locaux du Point, février 2021.
Georges Fenech dans les locaux du Point, février 2021.

« Je crois qu'on peut parler d'une nouvelle forme de séparatisme. » Georges Fenech s'inquiète de la progression des thérapies alternatives en France. Pour l'ancien président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), un mélange de lobbying et d'entrisme empêche le gouvernement de réagir. Il dénonce l'inertie des pouvoirs publics qui continuent d'accueillir avec angélisme dans les hôpitaux, les universités (et même à l'Assemblée nationale !) des praticiens aux méthodes non éprouvées. Après avoir publié Gare aux gourous (éditions du Rocher, 2020), Georges Fenech vient d'accepter de siéger au nouveau conseil d'orientation de la Miviludes voulu par Marlène Schiappa, aux côtés de Gérald Bronner ou encore de Cynthia Fleury. Pour l'ancien député, il est urgent d'agir.

Le Point : Pourquoi les thérapies alternatives sont-elles en expansion ?

Georges Fenech : Il y a plusieurs facteurs. Il y a d'abord une vague de fond « New Age », qui se répand depuis les années 1970 en Europe sous la forme d'une recherche de « retour à la nature » et puis, plus récemment, la multiplication des discours complotistes, qui s'appuient sur de réels scandales sanitaires. Le Mediator, la vache folle ou le sang contaminé ont, quelque part, entamé la confiance des Français. Un exemple : si un patient atteint d'un cancer veut chercher des méthodes pour se soigner sur Internet, le site de l'Institut national du cancer n'arrive qu'en trois [...] Lire la suite