Des gènes protecteurs contre le cancer du sang ?

Johanna Amselem
·3 min de lecture
Des gènes protecteurs contre le cancer du sang ?

Des chercheurs ont identifié un biomarqueur capable de prédire la réponse des patients aux thérapies anticancéreuses.

En France, les cancers du sang touchent environ 35 000 personnes. Dans plus de la moitié des cas, les patients sont des personnes âgées. Mais les jeunes adultes et les enfants peuvent également être touchés. Comme le précise l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris, ces maladies correspondent à un développement anormal des cellules du sang ou de la moelle osseuse.

Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont identifié un rôle surprenant pour les gènes dits "sauteurs". Ces derniers sont une source de mutations génétiques responsables d'un certain nombre de maladies. Dans la nouvelle étude du Children's Medical Center Research Institute de l'UT Southwestern, les scientifiques ont découvert que ces séquences d'ADN peuvent protéger contre certains cancers du sang. Ces conclusions ont été publiées dans Nature Genetics.

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Grâce à ces découvertes, les chercheurs ont identifié un nouveau biomarqueur qui pourrait aider à prédire comment les patients répondront aux thérapies anticancéreuses. Ils ont également trouvé de nouvelles cibles thérapeutiques contre la leucémie myéloïde aiguë. Comme l’expliquent les auteurs, les transposons sont des séquences d'ADN qui se déplacent d'un endroit du génome à un autre lorsqu'ils sont activés. Bien qu'il existe de nombreuses classes différentes de transposons, les scientifiques se sont concentrés sur un type connu. "Les séquences L1 fonctionnent en se copiant puis en se collant à différents endroits du génome, ce qui conduit souvent à des mutations pouvant provoquer des maladies telles que le cancer. Près de la moitié de tous les cancers contiennent des mutations causées par l'insertion de L1 dans d'autres gènes, en particulier les cancers du poumon, colorectal et de la tête et du cou", note l’étude.

Une instabilité du génome

Lorsque les chercheurs ont criblé des cellules humaines pour identifier les gènes essentiels à la survie des cellules cancéreuses, ils ont découvert que MPP8, un régulateur connu de L1, était sélectivement requis par ces cellules. "Notre découverte initiale a été une surprise car on a longtemps pensé que les transposons activés favorisaient le développement du cancer en générant des mutations génétiques. Nous avons constaté que c'était le contraire pour les cancers du sang, et qu'une diminution de l'activité L1 était associée à de pires résultats cliniques et à une résistance au traitement chez les patients", assurent les chercheurs.

Ils ont découvert que l'activation de L1 entraînait une instabilité du génome, qui activait une réponse aux dommages à l'ADN déclenchant ainsi la mort cellulaire. "Notre découverte selon laquelle l'activation de L1 peut supprimer la survie de certains cancers du sang ouvre la possibilité de l'utiliser comme biomarqueur pronostique, et éventuellement de tirer parti de son activité pour cibler les cellules cancéreuses sans affecter les cellules normales", a assuré le scientifique.

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