Comment les gendarmes français travaillent en Ukraine pour identifier des crimes de guerre?

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Des gendarmes techniques et scientifiques français sont arrivées en Ukraine, à Lviv, lundi 11 avril 2022 - Ambassade de France en Ukraine
Des gendarmes techniques et scientifiques français sont arrivées en Ukraine, à Lviv, lundi 11 avril 2022 - Ambassade de France en Ukraine

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Une aide française sur les crimes de guerre. Alors que la Russie est accusée par les Ukrainiens d'avoir commis des exactions contraires au droit international, des enquêtes sont ouvertes pour tenter de faire la lumière sur ces affaires. La France apporte son aide à Kiev notamment grâce à 18 experts de la gendarmerie envoyés sur place.

Ceux-ci sont généticiens, ballisticiens, médecins légistes, experts en analyses chimiques ou experts de scène de crime. Un laboratoire ADN a également été mis en place.

"On participe à l'identification (des victimes, ndlr) avec les Ukrainiens, en particulier à partir de l'ADN. Il y a aussi une mission qui est de connaître les causes de la mort. Et là, on a un couple très performant médecin légiste-balisticien pour répondre à ces questions sur les corps. Et puis on essaye de documenter la scène avec des spécialistes des scènes de crime", a résumé sur BFMTV le colonel Franck Marescal, directeur de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.

Pour s'assurer de ne pas manquer un élément sur la scène de crime, plusieurs outils sont à disposition des experts. "Nous avons aussi du matériel pour geler les scènes d’infractions, comme des moyens photographiques, des caméras, des drones, des appareils pour modéliser les scènes en trois dimensions", raconte à 20 Minutes le général Patrick Touron.

6000 enquêtes ouvertes

Franck Marescal assure cependant sur notre antenne que le rôle de ces experts n'est pas de conclure à un crime de guerre, voire un génocide. "Notre travail d'expert, que ça soit en France ou à l'étranger, c'est de faire des constatations techniques. (...) Nous ne sommes pas enquêteurs, on n'a pas cette culture", explique-t-il.

Les enquêtes pourraient prendre du temps, par le nombre de corps présents, mais aussi parce que la guerre en Ukraine n'est pas terminée. Le bureau de la procureure générale a ouvert plus de 6000 enquêtes concernant des crimes de guerre commis par les forces russes.

Une bonne partie d'entre elles concerne Boutcha. Dans cette ville de la banlieue de Kiev, plus de 400 corps de civils ont été retrouvés après le départ des troupes russes vers l'est du pays. "Nous sommes fiers d'être ici pour aider la justice ukrainienne à établir la vérité", a déclaré sur place le colonel François Heulard.

Une aide également financière

La procureure générale d'Ukraine a remercié les Français de leur présence, estimant qu'ils étaient des témoins des crimes commis en Ukraine. "Il est important que le monde voie que l'Ukraine ne cache rien, que les experts internationaux puissent faire les exhumations par eux-mêmes, pour qu'ils voient que tout ça n'est pas faux", a-t-elle assuré.

Moscou, de son côté, nie en bloc, accusant les Ukrainiens de mise en scène ou d'avoir eux-mêmes commis les exactions. La justice russe a d'ailleurs ouvert une enquête criminelle concernant les tortures qui auraient été infligées à ses soldats par les forces de Kiev.

Outre les enquêteurs dépêchés sur place, la France a également promis une "contribution financière exceptionnelle" aux travaux de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête sur la situation en Ukraine.

Article original publié sur BFMTV.com

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