Gendarmes et gilets jaunes se font face au tribunal de Narbonne : un procès pour l'exemple ?

Des "gendarmes traumatisés" par les "dérapages d'un déchaînement collectif"... 

C'est ce qui résume la première des 10 journées d'audience du procès de 31 gilets jaunes pour le saccage du péage de Narbonne sud.

C'était il y a un an, dans la nuit du 1er au 2 décembre, les gendarmes décident d'évacuer les locaux du peloton autoroutier face à 200 personnes qui lancent des cocktails Molotov, brûlent des véhicules, et s'emportent. "Dignes, les gendarmes ont choisi de se retirer pour éviter un drame" affirmait hier l'un des commandants. "La situation était intenable" ajoute l'un des avocats des 48 parties civiles.

Le pillage a eu lieu après le départ des gendarmes. Des dizaines de vidéos montrant des gilets jaunes saccageant les lieux ou paradant avec des tenues de gendarmes volées ont été diffusées devant la cour de Narbonne.

Les avocats de la défense ont peur d'un jugement moral épidermique, comme maître Armand Adido :

"Ma crainte, c’est que les personnes qui sont impliquées dans les manifestations d’il y a un an soient jugées, ou soient condamnées pour faire l’exemple. Et parce que quand on juge quelqu’un pour lui montrer l’exemple, on ne le juge pas au plan pénal. Du coup, j’ai juste peur que ce procès soit un procès moral alors qu’on attend un procès pénal."

En solidarité avec les 31 prévenus, 28 hommes et 3 femmes, dont deux en détention provisoire, un collectif de gilets jaunes a décidé de manifester devant le tribunal de grande instance tous les jours du procès. 

Laure Grandjean, gilet jaune solidaire, s'emporte : 

"Vous savez, on nous appelle les ultra, les radicaux, les "ceux-ci", mais nous, on n’a pas de sang sur les mains. On n’a pas arraché des yeux, on n’a pas arraché des mains."

Les peines encourues sont très variables selon les prévenus, mais certains risquent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et des amendes de plusieurs milliers d'euros. Un 32ème mis en cause, mineur, sera jugé séparément plus tard.