Le gendarme se sert du gardé à vue pour essuyer l'urine dans sa cellule

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Les faits se sont déroulés dans les locaux de la gendarmerie (illustration Getty Images)
Les faits se sont déroulés dans les locaux de la gendarmerie (illustration Getty Images)

C'est une affaire peu reluisante qui est jugée par le tribunal correctionnel de Verdun. Le prévenu, un adjudant-chef, est accusé d'avoir utilisé un garde à vue pour nettoyer l'urine dans sa cellule.

Les faits remontent au 22 mai 2019, dans une brigade de gendarmerie du nord de la Meurthe-et-Moselle. "Il a demandé qu'on lui ouvre la porte de la cellule, le gardé à vue était assis sur son lit, il l'a pris par l'épaule, l'a plaqué au sol et lui a porté des coups. Ensuite, il lui a dit 'tu vas l'essuyer ta merde' et il l'a frotté dans la flaque d'urine avant de lui jeter un verre d'eau au visage", raconte l'un des gendarmes présent ce jour-là.

Un acte qui ne fait pas honneur à l'uniforme, pour lequel l'adjudant chef se retrouve devant le tribunal correctionnel de Verdun, où l'affaire a été dépaysée. Parmi les trois témoins, tous des gendarmes de la brigade, l'un raconte avoir rapporté les faits à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale puis avoir fondu en larmes. "T'en verras d'autres", lui aurait-on alors répondu.

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Une ambiance délétère au sein de la brigade

L'adjudant-chef, lui, ne nie pas "l'épisode de l'urine". Mais il explique avoir agi pour calmer un gardé à vue menaçant et violent. Devant la divergence des témoignages, une réponse simple : "ces personnes voulaient m'embêter" dit-il, à l'adresse des trois gendarmes sous ses ordres. Selon L'Est Républicain, qui rapporte les faits décrits à l'audience, l'ambiance au sein de la brigade était délétère.

Quant à l'avocat de l'adjudant-chef, il salue "le courage" de son client en entrant dans la cellule, comparée aux "cités de la banlieue parisienne dans lesquelles la police et la gendarmerie ne vont plus". Une assimilation qui ne trouve pas écho du côté des magistrats. Pour l'œuvre de l'adjudant-chef - qui avait simplement écopé d'un blâme de la part de sa hiérarchie - le parquet a requis 12 mois de prison avec sursis et 2000 € d'amende.

Le jugement a été mis en délibéré au 28 avril.

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