Un gendarme picard radié et condamné à 2 mois de prison avec sursis pour avoir combattu en Ukraine

Une jeune homme de 25 ans a été traduit devant la chambre militaire du tribunal judiciaire de Lille pour avoir rallié les troupes de son pays d'origine, l'Ukraine, pour y combattre les Russes, a signalé Le Courrier Picard mardi. Le gendarme a été radié des cadres et a été condamné à deux mois de prison avec sursis.

Il aura bientôt 25 ans et, depuis cinq ans, il est gendarme, intégré au peloton de surveillance et d'intervention de Picardie, le PSIG. Ou plutôt était. Car, comme l'intéressé l'a lui-même reconnu au moment de comparaître devant la chambre militaire du tribunal militaire de Lille - et selon le récit livré ici par Le Courrier Picard qui a révélé l'affaire mardi - il a été "radié des cadres de la gendarmerie". Motif? Le militaire français a passé les derniers mois à combattre au sein de troupes étrangères, en l'occurrence, celles de l'Ukraine où il est né.

Il a servi à Kharkiv

L'histoire commence le 28 mars dernier quand il ne se présente pas au peloton à l'issue de deux jours de repos. Il faut dire que la veille, il a embarqué dans un vol à destination de Cracovie, en Pologne, depuis l'aéroport de Beauvais, avant de rallier l'Ukraine. Là, il rejoint une légion de volontaires internationaux pour laquelle il ne tarde pas à servir, moyennant une simple formation au matériel employé sur place dispensée à ce gendarme membre d'une unité de choc en France et donc familier des armes et des opérations.

Arrivé un mois après l'invasion du pays par la Russie, il va passer les cinq suivants sous le drapeau bleu et jaune. Il a combattu les Russes à Kharkiv. "Je voulais franchir la frontière. Combattre. C’est ce que j’ai fait", a-t-il laconiquement commenté auprès du tribunal, d'après le compte-rendu du Courrier Picard.

Et il semble être reparti aussi simplement qu'il était venu. "C’est un retour de mon plein gré. Je voulais revoir la famille. Je souhaite rester", a-t-il assuré aux magistrats. Une fois de retour, il a retrouvé ses parents qui s'étaient opposés à son départ pour la bataille qui déchire l'est de l'Europe. Sa hiérarchie, à qui la nature de son voyage a été rapportée, ne le souhaitait pas non plus, évidemment, et a cherché à le persuader de revenir au bercail. En vain. Finalement, des agents se sont présentés à son domicile pour relever l'ADN du gendarme, afin de pouvoir l'identifier en cas de disparition sur le front.

Il risquait jusqu'à 5 ans de prison

Les propos du président de la chambre militaire du tribunal militaire de Lille, Mikaël Simoëns, cités là encore par le titre de presse locale, témoignent d'une certaine indulgence: "On peut être sensible à la force de votre engagement, du courage qu’il vous a fallu. Vous avez mis vos idées au service d’une cause. (...) Vous êtes allés combattre pour une puissance étrangère. (...) Vous êtes militaire français d’active."

C'est la raison pour laquelle, outre sa radiation, le gendarme a tout de même reçu une peine de deux mois de prison avec sursis. Sentence qui traduit toutefois une certaine mansuétude elle aussi, car il risquait jusqu'à cinq ans d'enfermement.

Article original publié sur BFMTV.com

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